DURKHEIM ET SON GROUPE I
Avec cette conception de leur discipline, Durkheim et ses collaborateurs ont mille fois raison contre les historiens atomistes qui, par crainte des explications verbales, des entités, ne fournissent que de courtes et insuffisantes interprétations des faits. Ils ont raison contre les théoriciens pressés qui tranchent les questions arbitrairement et mêlent les fantaisies aux vérités. Ils ont raison contre les éclectiques paresseux ou complaisants qui colligent les idées, au lieu de les systématiser réellement. Mais de cet objet qu'est la société, lorsqu'il leur arrive d'exagérer le rôle, non contents d'en chercher à préciser la nature ; lorsqu'ils tendent à donner de l'histoire une interprétation purement sociologique, ils ont tort, à leur tour : ils en reviennent, en dépit d'eux-mêmes, à la philosophie de l'histoire ; ils retombent dans l'erreur que, chez d'autres, et ajuste titre, ils ont dénoncée très sévèrement.
Nous voudrions, dans les pages suivantes, circonscrire le domaine d'une sociologie au sens étroit. Nous aurons par là même l'occasion de préciser — nos critiques, ce serait trop dire — nos réserves tout au plus à l'égard de la sociologie durkheimienne ^
I. S. Deploige, dans le Conflit de la morale et de la sociologie (p. 867, n. 3), donne une bibliographie des discussions provoquées par rœu\Te de Durkheim.
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