Division du travail social, p
l'évolution sociale iSg
quer du tout. Si l'homme est devenu civilisé, c'est, déclare Durkheim dans un passage qu'il faut citer, « parce que le milieu social a changé sans interruption. En etîet, à moins que ces transformations ne soient nées de rien, elles ne peuvent avoir eu pour causes que des transformations correspondantes des milieux ambiants. Or, l'homme ne dépend que de trois sortes de milieux : l'organisme, le monde extérieur, la société. Si l'on fait abstraction des variations accidentelles dues aux combinaisons de l'hérédité, — et leur rôle dans le progrès humain n'est certainement pas très considérable (?), — l'organisme ne se modifie pas spontanément; il faut qu'il y soit lui-même contraint par quelque cause externe. Quant au monde physique, depuis les commencements de l'histoire il est resté sensiblement le même, si du moins on ne tient pas compte des nouveautés qui sont d'origine sociale. Par conséquent, il n'y a que la société qui ait assez changé pour pouvoir expliquer les changements parallèles de la nature individuelle '. » Mais, encore une fois, comment a-t-elle changé ? Y a-t-il des raisons à ce changement? C'est dans une note que Durkheim pose — et résout par la négative — le problème ultime auquel nous sommes arrivé : « Nous n'avons pas à rechercher ici si le fait qui détermine les progrès de la division du travail et de la civilisation, c'est-à-dire l'accroissement de la masse et de la densité sociales, s'explique lui-même mécaniquement ; s'il est un produit nécessaire de causes efficientes, ou bien un moyen imaginé en vue d'un but désiré, d'un plus grand bien entrevu. Nous nous contentons de poser cette loi de la gravitation du monde social, sans remonter plus haut. Cependant, il ne semble pas qu'une explication téléologique s'impose ici plus qu'ailleurs ' »