Voir Dastre, op. cit., livre IV, not. p
NÉCESSITÉ d'Épurer le concept de cause finale i45
résultat des longs et multiples efforts contradictoires, l'élimination des théories extrêmes ; d'autre part, il propose sa solution — qui est révolution créatrice, la poussée originelle, le courant de vie « qu'on ne saurait remonter », Vélan vital, — solution personnelle, discutable, mais fondée sur de précieuses réflexions.
3. — Nous allons tenter précisément — en mettant à profit les indications d'un certain nombre de penseurs qu'a préoccupés le problème de la finalité' — de déterminer ce qu'on doit retenir du concept de cause finale. Il faut arriver à comprendre ce que peuvent être essentiellement ces causes — différentes des causes contingentes et des causes nécessitantes — dont la recherche s'impose, semble-t-il, à l'historien, peut-être au biologiste, peut-être même à tout savante En
1. Outre Bergson, citons, par exemple, Cournot, Essai sur les fond, de nos conn. (i85i)et Traité de l'enchaîn. des idées fond. (1861) (v. Mentré, Cournol et la renaissance du probabilisme au xix^ siècle, ch. vi, x, xi); Fouillée, L'évolutionnisme des Idées-Forces (i8i|o) ; A. Lalande, La dissolution opposée à l'évolution (x8g(^) ; G. Richard, L'idée d'évolution dans la nature et dans l'histoire (^iC)oi) ; De l'idée de vie chez Guyau, communication de Dwelshauvers à la Soc. fr. de Phil., 28 décembre igoS ; F. Rauh, De la méthode dans la psychologie des sentiments (1899), chap. x; Ribot, La logique des sentiments (igoô) ; O. Hamelin, Essai sur les éléments principaux de la représentation (1907), chap. v ; Baldvvin, Development and Evolution (1902), La pensée et les choses ou la logique génétique, t. I (1908) ; H. Berr, L'Avenir de la philosophie, pp. 36i et suiv. ; tout particulièrement une série intéressante d'articles de E. Goblot : Fond on et finalité, in Rev. Phil., mai et juin 1899, La finalité sans intelligence, in Rev. de Met. et de Mor., juillet 1900, La finalité en biologie , in Rev. Phil., oct. 1908, juillet igod (l'article d'oct. 1908 est suivi d'une lettre de Ch. Richet. Celui-ci a soutenu, dans la Revue scientifique, une discussion avec Sully-Prudhomme qui a été recueillie dans Le problème des causes Jînales. Alcan, 1902); enfin L. Weber, La finalité en biologie et son fondement mécanique, in Rev. Phil., juillet 1908.
2. F. Rauh, au Congrès de Genève, a montré comment le concept de finalité ne pouvait être éliminé de la science, dès lors que, au point de vxie heuristique, il se montrait fécond. C. R., p. i'jl\. Voir aussi son intervention dans une discussion de la Soc. fr. de Phil. : Le Darwinisme n'est pas l'évolutionnisme. 6 avril 190D.
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somme, il s'agit moins de renoncer au fmalisme, qui répondait à une intuition confuse mais profonde, que de le débrouiller et de l'épurer. Il y a, dans la synthèse, une théorie à constituer — de la finalité, ou plutôt de l'équivalent scientifique de la finalité : la logique — qui complétera la théorie du hasard et celle de la nécessité ou des lois.