G. Bohn, La naissance de l'intelUgence (igto), p
4. Voir Piéron, L'évolution de la mémoire (igio), pp. 27 et suiv. ; du même, L'éoolution du psychisme, in Rev. du Mois, mars 1908, et Les problèmes actuels de l'instinct, in Rev. Phil., oct. 1908. — Nous croyons que celte expression, psychisme inférieur, vaut mieux que le mot d'instinct, qui est équivoque (voir dans l'art, de Piéron, pp. 332 et suiv., des définitions diverses) et par lequel on désigne des choses aussi disparates qiie des phénomènes d'habitude ou des intuitions. « L'intelligence et l'instinct, c'est tour à tour l'opposition entre l'Homme et l'Animal, entre le complexe et le simple, entre la sjJontanéité et l'automatisme, entre le conscient et
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définie par Bergson, très métaphysiquement mais justement, « la force intérieure qui permet à l'être de se dégager du rythme d'écoulement des choses, de retenir de mieux en mieux le passé pour influencer de plus en plus profondément l'avenir » ; elle n'est pas « une régression du présent au passé », mais « un progrès du passé au présent » ; et, dans ses ingénieuses analyses, il a bien montré toute l'originalité du souvenir en tant que lié à la vie et actif.
Enfin il y a une logique sans auxiliaire, sans élaboration psychique, une logique que nous appellerons automatique, le minimum de logique dont la biologie ne peut se passer et qui, même aux plus bas degrés de la vie semble se manifester déjà incontestablement.
L'effort le plus vigoureux qui ait été accompli pour éliminer de la biologie tout résidu de « finalité » et pour faire sortir du hasard, à l'aide de la sélection, la vie organisée, n'a pu y réussir entièrement. Il n'y a pas plus de hasard logique par lui-même qu'il n'y a de lois du hasard. Le darwinisme, comme on l'a remarqué, trahit malgré tout par son langage ce caractère ineffaçable de la vie. Quand Darwin parle de sélection naturelle, il semble faire dépendre d'une nature aveugle la survivance des formes et purifier ainsi ce mot
l'inconscient » (G. Bohn, op. cit.. pp. 3i3-3i4-) Contestable en psychologie, le mot d'instinct peut avoir son utilité en zoologie, au point de vue descriptif: il s'emploiera pour les résultats ^jores de la mémoire associative.
I. Matière et mémoire, pp. 2^8. 204, 268. — Dans un travail riche en renseignements et en suggestions. De l'origine et de la nature mnémoniques des tendances affectives, in Scientia. t. IX, pp. 76-108 du supplément, E. Rignano nous semble aller trop loin en faisant sortir les tendances affectives, les manifestations « finalistes » de la vie, de la « propriété mnémonique de la substance vivante, et par suite, en dernière analyse, de la faculté « d'accumulation spécifique » qxii appartiendrait exclusivement à l'énergie nerveuse, base de la vie »(p. 107). Mais sur le rôle de la mémoire dans le développement des tendances affectives il donne d'intéressantes indications.
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compromotlanl, « sélection », de toute tare de « valeur » '. Mais le tri qui s'opère naturellement est celui des plus aptes. Cette aptitude assure le succès dans la lutte pour la vie ou concurrence vitale. Ne tirons pas trop avantage des ternies de « lutte » et de « concurrence » qui sont empreints d'anthropomorphisme ; admettons que ces mots soient impropres, et qu'il y ait destruction des uns et survivance des autres d'une façon mécanique, en vertu de leur nature: cela n'explique rien du tout et revient — comme l'a dit Le Dantec — à affirmer que « les choses sont à chaque instant ce qu'elles sont et non autrement ». C'est sur cette nature, précisément, qu'il faut insister, c'est sur l'aptitude des survivants. Darwin, lui, ainsi que l'a observé Le Dantec -, est frappé surtout de la disparition des non adaptés.
Admettons que cette « aptitude » ait uniquement pour cause des variations fortuites, — acquises, innées, peu importe ici '\ — il n'en est pas moins vrai que l'aptitude à survivre, due au hasard, implique d'abord l'aptitude à vivre. C'est sur quoi ni Darwin ni les darwiniens ne fixent leur attention. Leur théorie est pipée. Us se donnent la vie, sans le reconnaître ; et ils trouvent aisément, au cours de leur exposition, ce qu'ils ont commencé par s'accorder. H y a des hasards indifférents à la vie ; mais la vie peut être contrariée par le hasard ; et elle peut aussi, selon l'expression —
1 . Darwin a mis en garde contre la personnification du mot r.aturc. Voir Bougie, La démocratie devant la science, p. il^.