Matière et mémoire, p
4. Évolution créatrice, pp. vi, 218. — Bergson clierctie parfois à corriger ce que cette opposition a de trop absolu.
plier sur nous-mêmes, de nous « replacer dans la pure durée' », de plonger en des profondeurs qui seraient étrangères aux remous de surface, nous devons observer les manifestations de notre activité et rechercher comment la réalité intime réagit au contact de la réalité extérieure. Ainsi peut se révéler cette réalité intime, — non dans l'intuition, mais dans la pensée. C'est par réflexion que le moi reconnaît sa loi, cette loi qui lui est intérieure, que certains désignent, pour cette raison, du nom suspect de liberté et que nous préférons appeler prmcipe logique'.
Tendance de l'être à persévérer dans son être ; tendance de l'être à être pleinement, à être sans limites ■\ voilà ce que la psychologie — un des produits de la pensée — découvre dans le moi ; voilà donc, par une hypothèse qui s'impose, ce qu'exprime toute logique humaine ; voilà ce que la science doit supposer partout où il y a de la logique, donc dans tout ce qui vit. Si la vie peut être assimilée, dans ses manifestations les plus basses, aux propriétés physico-chimiques de la matière colloïde, si par la chimie on en vient à réaliser les phénomènes caractéristiques de la vie, il faudra que là aussi