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IV. — PATHOLOGIE MENTALE ET MÉTHODES EXPÉRIMENTALES

APPLIQUÉES A l’inconscient |

Nous groupons ensemble trois méthodes expérimen- | taies et comparatives à la fois ; elles complètent les méthodes qui précèdent et se rattachent au groupe suivant par certains caractères. Ce sont les recherches portant sur l’hypnotisme, le somnambulisme et le rêve, les méthodes j: pathologiques et l’étude du « subliminal ».

Nous citerons comme modèle de l’emploi des méthodes hypnotiques dans l’analyse de la vie mentale le livre

(1) On trouvera une enquête très^ intéressante, comme exemple, dans l’Année Psychologique, X, 1904 : A. Binet, La création littéraire.

les Méthodes psychologiques

cflèbre et souvent cité de Pierre Janet, i’Aulomalisme^

CnVrde7fm-mes de l’activité psychique qui, dans l’état âe veille et par l’usage des méthodes mtrospecüve et ttuHive, sont entrevues, mais ne se présentent jama. dans leur entiéreté à cause de l’unité que l’attention pre tee

au réel etl’idéationconscienteimpriment àkviementale

La dissociation de cette unité dans les états d hypnose es donc utile à obtenir pour l’étude de l’activité automatique Les données du rêve ont aussi leur importance (2). c méthode hypnotique exige un ensemble de mesures de prudence dont l’observation doit être d’autant plus stricte que les sujets, très impressionnables, peuvent agir sous des influences multiples qui échappent parfois a la perspicacité de l’expérimentateur. La manière de procéder du docteur Janet dans l’ouvrage cité plus haut nous paraît, pour les résultats psychologiques, assez sûre : connaître exactement le sujet, comme un bon physicien possède a à fond le maniement de ses appareils, se limiter aun petit nombre de sujets plutôt que d’accumuler des faits dont les véritables causes échappent aisément en vertu de leur complexité même.

Quant aux recherches de pathologie, chacun sait quel est l’intérêt qui s’y attache pour le psychologue, depuis que Ribot a, dans des livres très répandus, mis en lumière l’utilité de cette méthode.Il est bon cependant de faire observer que les faits pathologiques ne peuvent être bien compris que s’ils sont rapportés aux résultats des méthodes proprement psychologiques, à l’analyse précise de la vie dite normale. Sinon on risque de tomber dans l’erreur de certains spécialistes des maladies mentales, pour lesquels

(1) Voir notre chap. IV, § 2.

(2) Voir chap. H, § 1.

les manifestations les plus fortes^ et les plus complètes de l’activité intellectuelle deviennent des cas morbides. N’at-on pas entendu expliquer par une même hypothèse l’excitabilité dérisoire d’un maniaque et la puissance créatrice <le Phomme de génie? L’observation utile des cas pathologiques n’est donc possible qu’avec l’aide des méthodes de la psychologie normale. Cette restriction admise, l’importance de la pathologie mentale ne se nie pas.

Enfin, il est un ensemble de faits qu’on a tenté tout récemment d’étudier scientifiquement, les faits que l’on a groupés sous le nom de spiritisme, force psychique ou conscience subliminale. On ne doute pas que dans cet ordre défaits, des découvertes précises puissent être utiles à l’étude de l’inconscient. La méfiance est grande pourtant parmi les savants au sujet des faits quelque peu mystérieux et des récits trop crédules qui se suivent [dans les revues de « recherches psychiques ». Les théories singulières auxquelles ils ont donné lieu souvent ont provoqué l’opposition de maint psychologue (1). 11 est à [souhaiter qu’on ne rejette pas en bloc l’ensemble de ces données nouvelles ; sans doute est-il bien difficile aujourd’hui d’en tirer parti ; c’est une raison pour tenter de les soumettre à des recherches méthodiques.

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