‹ La syphilisChapitre 10 sur 97 · SA PRÉSENCE DANS LES ORGANES · texte numérisé non relu

SA PRÉSENCE DANS LES ORGANES

Nous venons de voir comment se comporte le virus syphilitique au point d’inoculation et nous avons insisté sur la rapidité avec laquelle il s’infiltre parfois dans les tissus environnants. Il nous reste à examiner à quelle époque il envahit l’organisme et par quelles voies.

La clinique nous enseigne qu’au moment où le chancre existe, soit dès le début, soit à une période plus avancée de son évolution, le virus spécifique a déjà franchi la barrière cutanée et existe dans le sang ou les organes. En effet, l’extirpation de l’accident primaire aux différentes phases de son développement, n’empêche nullement l’éclosion des manifestations ultérieures. Si quelques praticiens sont partisans de l’ablation du chancre, ce n’est pas dans le but d’entraver la syphilis constitutionnelle, mais parce qu’ils pensent diminuer ainsi la source d’infection, en enlevant le principal foyer de pullulation du microbe.

L’expérimentation confirme et complète ces données ; elle prouve que déjà longtemps avant V éclosion du chancre , le virus s'est répandu dans le torrent circulatoire et , par son intermédiaire , dans les différents organes. Le fait fut démontré par les expériences de Neisser, qui le premier eut l’idée d’inoculer à des singes le sang et les organes provenant d’animaux sacrifiés pendant la période d’incubation primaire. Cet observateur a pu constater que le sang est virulent dès le cinquième jour , mais ces résultats ne sont pas

ENVAHISSEMENT DE L’ORGANISME PAR LE VIRUS

constants et varient suivant la réceptivité des sujets d’épreuve. Voici un tableau emprunté à Neisser (1), où l’on voit à côté de la date où le sang fut prélevé, celle de Papparition du chancre chez les mêmes animaux :

NOMBRE DE JOURS écoulés depuis le moment de l'inoculation jusqu’à celui de la saignée.

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