‹ La syphilisChapitre 18 sur 97 · COMPLÉMENT · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT

IV. {Anticorps -f- antigènes -f- complément), ensuite ambocepteur + hématies — Absence d’hémolyse.

Il ressort de ces données que la méthode de Bordet et Gengou sert à rechercher soit les anticorps, soit les antigènes {microbes et dérivés microbiens) dans des liquides organiques, tels que le sang, la lymphe, le liquide céphalo-rachidien, ou dans des extraits de viscères provenant d’animaux infectés. Désire-t-on savoir par exemple si un sérum donné contient des anticorps vis-à-vis du bacille typhique? On n’aura qu’à mélanger un peu de ce sérum à des bacilles d’Eberth, à ajouter du complément de cobaye et à soumettre le mélange pendant une heure à 37°. Si le sérum examiné renferme réellement ces anticorps, on constatera la disparition du complément, en introduisant dans le mélange un ambocepteur hémolytique et des hématies. L’absence d’hémolyse prouvera l’absorption de ce complément par la combinaison : bacilles typhiques -j- anticorps.

Le procédé de Bordet et Gengou fut employé en Allemagne pour la recherche d’un certain nombre d’anticorps et antigènes spécifiques. Étudié par Moreschi (1), il fut utilisé par M. Neisser et H. Sachs (2) et par C. Bruck (3) pour l’examen médico-légal des traces de sang. Wassermann et Bruck (4)

(1) Moreschi, Berl. klin. Woch ., 1905, vol. 42, n° 27, p. 1181.

(2) M. Neisser et Sachs, Berlin, klin. Woch., 1905, vol. 42, n° 44, p. 1388 ; 1906, vol. 43, n° 3, p. 67.

(3) G. Bruck, Berlin, klin. Woch., 1907, vol. 44, n° 47.

(4) A. Wassermann et Bruck, Deutsche med. Woch., 1906, vol. 32, n° 12, p. 449 ; C. Bruck, Deutsche med. Woch., 1906, vol. 32, n° 24, p. 945.

s’en sont servis pour déceler la tuberculine et V anti-tuberculine (1) dans les organes des animaux tuberculeux; rappelons également que, grâce à cette méthode, Müller et Oppenheim (2) et- C. Bruck (3) ont découvert les anticorps contre le gonocoque et les antigènes dérivés de ce microbe dans le sérum des sujets atteints de blennorragie.

L’étude de la syphilis par le procédé de Bordet et Gengou- Wassermann, fut entreprise par A. Wassermann, A. Neisser et Bruck ( loc . cit.). Ces auteurs et, peu après eux, Detre (4), publièrent des travaux montrant l’existence d’une séroréaction positive chez les sujets syphilitiques et les singes syphilisés. De plus, Wassermann et Plaut (5), A. Marie (de Villejuif) et Levaditi (6), confirmés par Schütze (7) et par Morgenroth et Stertz (8), obtinrent des réactions également positives, en expérimentant avec le liquide céphalorachidien des paralytiques généraux et des tabétiques. Il nous est impossible d’énumérer ici tous les faits qu’on a accumulés depuis ces premières publications, au sujet de la valeur pratique de la réaction de Wassermann appliquée au diagnostic de la vérole. Nous n’exposerons que les plus intéressants.

Wassermann et ses collaborateurs n’ont obtenu que dans des cas exceptionnellement rares, des résultats positifs chez les sujets exempts de syphilis. Ces exceptions peuvent s’expliquer, disent les auteurs, soit par la présence de traces d’ « anticorps » chez certains individus sains, soit par l’existence d’une syphilis ignorée. Par contre, la réaction fut le plus souvent positive chez des syphilitiques présentant des

(1) Les résultats de Wassermann et Bruck furent mis en doute par Weil et par Morgenroth et Lydia Rabinowitch, Deutsche med. Woch., 1907.

(2) Müller et Oppenheim, Wien. klin. Woch., 1906, vol. 19, n° 29, p. 894.

(3) C. Bruck, Deutsche med. Woch., 1906, vol. 32, n° 34, p. 1368.

(4) Detre, Wiener klin. Woch., 1906, vol. 19, n° 21, p. 619.

(5) Wassermann et Plaut, Deutsche med. Woch., 1906, vol. 32, n° 44, p. 1762.

(6) Marie et Levaditi, Annales de V Inst. Pasteur , 1907, vol. 21, p. 138.

(7) Schütze, Berlin, klin. Woch., 1907, n° 5, p. 126.

(8) Morgenroth et Stertz, Virch. Arch., 1907, vol. 188, fasc. 1, p. 166.

accidents, ou même pendant les périodes d’accalmie. Parmi les 257 observations mentionnées par les auteurs, on comptait 25 accidents primaires, 101 secondaires, 37 tertiaires, 41 cas latents à la première période et 53 cas de vérole latente à la période tardive. Sur un nombre de 163 cas de syphilis floride, le pourcentage des réactions positives fut de 65,5 p. 100, tandis que dans la syphilis latente il atteint le chiffre de 58 p. 100. Les recherches publiées ultérieurement confirmèrent en grande partie ces premières constatations, et les communications présentées sur le même sujet, au Congrès d'hygiène de Berlin (1) (1907), ne firent que les compléter, en établissant la valeur pratique de la méthode. Ainsi, Citron, qui, à la clinique de Kraus, étudia la question dans ses détails, résume de la façon suivante ses observations :

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