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HISTORIQUE. — GÉNÉRALITÉS

L’extrême ténuité du Treponema pallidum et ses faibles affinités pour les substances colorantes couramment employées en bactériologie, laissaient prévoir qu’il serait difficile de le mettre en évidence sur coupes. De nombreux chercheurs essayèrent en vain d’employer les couleurs d’aniline. Seuls, Herxheimer et Hübner (1) réussirent à déceler quelques rares spirochètes dans un chancre syphilitique traité par le bleu du Nil ; mais cette méthode qui, de l’avis même des auteurs, est peu fidèle, ne fut jamais employée depuis avec succès. On commençait donc à renoncer à toute tentative, lorsqu’en juillet 1905, Volpino (2) communiqua ses résultats obtenus à l’aide d’une, technique basée sur l’imprégnation des tissus par le nitrate d’argent. Le savant italien montra que, contrairement à toute attente, le tréponème de Schaudinn offre une affinité remarquable pour l’argent. Se comportant à ce point de vue, comme les fibrilles nerveuses, ou, mieux encore, comme les cils bactériens, ce microorganisme se laisse facile-

(1) Herxheimer et Huebner, Deutsch. med. Woch., 1905, n° 26, p. 1023.

(2) Volpino, Giorn d. R. Accad. di med. di Torino, 1905, n°s 11-12.

ment révéler par des procédés basés sur l’emploi des sels d’argent et sur leur réduction par les solutions utilisées en photographie.

Dans une publication parue peu après la note préliminaire de Volpino, cet auteur, en collaboration avec Bertarelli et Bovero (1), revint sur la coloration du tréponème. En examinant le foie et la rate d’un nouveau-né hérédo-syphilitique, traités d’après la méthode de van Ermenghem (col. des cils), ces observateurs ont décelé des filaments en tous points comparables au spirochète. Des recherches de contrôle, faites sur des organes normaux, leur ont permis d’identifier ces filaments aux tréponèmes. L’emploi de l’argent se révélait ainsi comme un excellent moyen permettant l’étude du microbe de la syphilis dans ses rapports avec les lésions spécifiques.

Peu de temps après la publication du travail de Volpino, Levaditi eut l’occasion de mettre à l’épreuve le procédé recommandé par ce savant (2). Il remarqua que si la coloration des tréponèmes est réellement possible par ce procédé, elle ne présente pas moins certains inconvénients qui la rendent imparfaite et peu pratique. Ainsi, malgré le séjourdes coupes dans la solution d’argent pendant un temps relativement long, les spirochètes sont pâles et assez difficiles à retrouver. En outre, malgré les soins apportés au maniement de la méthode italienne, il est presque impossible d’éviter la formation de précipités.

Aussi, Levaditi proposa-t-il d’employer une autre technique dérivée de celle préconisée par Ramon y Cajal (3) pour l’étude des fibrilles nerveuses intracellulaires, et qui donne des résultats incomparablement supérieurs à ceux que l’on obtient par le procédé de Volpino.

(1) Bertarelli, Volpino et Bovero, Rio. <T Igiene, 1905, n° 16, p. 561 ; Centralb. für Bakteriolog., 1905, vol. 40, fasc. I, p. 56.

(2) Levaditi, Comptes rendus de la Soc. de Biologie, 1905, vol. 59, p. 326; vol. 59, p. 342.

(3) Ramon, y Cajal , Comptes rendus delà Soc. de Biologie, 1905, vol. 56, p. 362.

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