INFLUENCE DES LÉSIONS LOCALES
maintenant que nous avons attiré l'attention sur ce fait.
Pourtant, avant de passer à une autre question, il convient de dire encore quelques mots de Tétiologie de la localisation. Cela est d'autant plus nécessaire, que quelques médecins se contentent de considérer les affections locales comme découlant naturellement de la dyscrasie générale , tandis que d'autres nient leur nature spécifique , et les disent .de nature traumatique, rhumatismale ou autre.
En y regardant de près , les deux partis sont dans le vrai. En effet, la dyscrasie ne se localise pas sans une ] cause locale, qui peut être traumatique, rhumatismale, ' ou toute autre, et qui n'a aucun rapport, même éloigné, avec la dyscrasie. Évidemment, les choses peuvent se passer autrement, et l'on pourrait admettre que le virus spécifique, à la suite de certaines attractions particulières, est absorbé en quantité plus considérable par certains organes. Comment les choses se passent-elles dans la syphilis? Voilà une question de la plus haute importance, dont Texplication nous donnera la clef d'une foule d'autres observations.
Il me semble que le choix des endroits où doit siéger le mal dépend essentiellement des perturbations tout à fait fortuites, dont les organes sont frappés à l'époque deTinfection syphihtique.
Duverney déjà (1) attribue la plus grande fréquence des exostoses au crâne, au tibia et à la clavicule, à
(i) Loc.cit, p. 477-/1 79.
cette circonstance que ces os sont plus que les autres exposés à Taction de Tair, aux contusions et aux traumatismes divers.
Cette explication est sans doute préférable à celle de Bertrandi (1); d'après cet auteur, les exostoses apparaissent ordinairement sur les os qui ne sont pas recouverts de muscles, la compression musculaire empêchant le développement de la tumeur. La production d'exostoses internes dépiontre que la compression n'a aucune action sur le développement de la tumeur, mais tous les os qui ne sont pas recouverts de muscles sont plus directement exposés au traumatisme extérieur, et sont surtout exposés au refroidissement.
Ricord('2) a établi d'une manière incontestable le rapport entre les douleurs osléocopes et l'augmentation de température ; les gens qui passent l'été à la campagne et l'hiver à Paris ont des douleurs ostéocopes nocturnes pendant Tété, et diurnes pendant l'hiver, parce que, dans ces deux saisons, ils se couchent à des heures différentes.
Nélaton ajoute (3) que les malades affectés de douleurs ostéocopes peuvent, en voyage, en être entièrement débarrassés , pourvu qu'ils ne se couchent pas dans un lit pendant plusieurs nuits.
Il reste maintenant à mentionner encore les lésions des os consécutives à la carie et à la nécrose syphilitiques vraies ; ces lésions sont les cicatrices osseuses syphilitiques. Je trouve ici certains caractères particu-
(1) Op. cit., p. 285-
(2) GazeUedes hôpitaux^ janT. I8/169 n* 1.
(3) CanstaWs Jahresb. pour Tannée 1863, l. IV, p. 387.