THÉRAPEUTIQUE DE LA SYPHILIS
devenu père de deux enfants sains et bien portants (1). Je pense que le virus syphilitique se mêle d'abord aux fluides circulatoires , et qu'ensuite il pénètre dans les tissus, dans la substance des ganglions lymphatiques (bubon), par exemple, et qu'il y est retenu. En ces points se manifestent des irritations locales qui ont pour effet tantôt d'éliminer le poison, tantôt au contraire (et cela arrive le plus souvent) de multiplier la substance virulente, et de causer par là l'extension finale du mal, ce qui peut arriver à une époque plus ou.moins éloignée.
Chaque localisation est d'abord critique et dépuratoire pour les fluides ; elle peut chaque fois redevenir infectante.
Je ne partage pas l'opinion de Michaelis qui veut faire de la partie du chancre induré et des ganglions qui a subi la transformation graisseuse le seul véhicule du virus syphilitique, et qui lui accorde des propriétés infectantes.
J'ai démontré (2) pour la morve (par des inoculations faites sur des animaux, il est vrai), que le contenu des abcès musculaires , qui sont très pauvres en éléments morphologiques et qui se détruisent par transformation
(1) Je n'ai pu rencontrer les altérations sypliililiquesdu placenta que Mackenzic [CanstaWs Jahresbericht, 185/i, vol. IV, p. 378) vient de décrire. LiibQvi [Traité d'anatomie pathologique, vol. ï, p. *i/i2) semble aussi ^ire revenu de celle idée. On peut rencontrer les mêmes dégénérescences graisseuses, les mêmes liémalomes, etc., du placenta, par suite de causes accidentelles, comme on les observe aussi dans certaines endométriies.
(2) Handb, derspec, Palh, und Thérapie^ vol. 11, p. /|i1.
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graisseuse, possède u un haut degré le pouvoir iDfectant; mais je sais aussi que le pus peut avoir cette propriété. Le conlagium reste attaché au fluide, quoique les élé- ' meots cellulaires se détruisent, mais non parce qu'ils se ! détruisent. Dans la syphilis , je serais plutôt disposé à croire que les nodosités caséeuses et sèches ont perdu toute virulence; je l'accorderais plutôt aux tumeurs gommeuses. humides, qu'elles soient du reste fraîches et gélatineuses, ou bien anciennes et ulcérées.
Si cette manière de voir est juste, il n'y aura pas de syphilis en dehors des symptômes. Quand tous les symptômes seront apaisés, la syphilis sera guérie, et le traitement symptomatique de la vérole est parfaitement logique, pourvu qu'il parvienne à triompher du dernier symptôme.
Quant aux signes qui nous permettront de reconnaître la persistance de la maladie, nous les trouverons en examinant avec soin les foyers d'infection qui existent encore. Ce qui est la meilleure preuve de la justesse de notre opinion, c'est que nos syphiliographes les plus expérimentés (Ricord, Sigmund) donnent comme signe pronostique très grave la tuméfaction de petits gangh'ons isolés (sus-épitrochléen, etc.).
Mais tous les foyers d'infection ne sont pas situés superficiellement et ne peuvent être perçus par le toucher.
Des ganglions, des viscères peuvent être affectés, sans qu'il soit possible de s'en assurer. C'est là, d'après moi, le point difficile du traitement de la vérole. Un examen minutieux, l'observation continue du malade, pourraient éclairer le praticien 5 car, en cas de récidive,