‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 17 sur 82 · CICATRICES OSSEUSES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

CICATRICES OSSEUSES SYPHILITIQUES

hyperplasies, semblables à celles que l'on observe dans la sclérose et dans l'hyperostose, Gosselin (1) a parfaitement reconnu l'importance de l'aspect que ces lésions de voisinage impriment aux accidents syphilitiques consécutifs.

Si la nécrose n'attaque pas la totalité de l'épaisseur d'un os, il se forme à la surface de l'os, après la séparation et l'élimination du séquestre, une dépression, tantôt irrégulière, tantôt ayant la forme d'un godet. On n'y trouve ultérieurement qu'une faible quantité de tissu cicatriciel de nouvelle formation; la perte de substance est à peine comblée par les tissus régénérateurs. Le travail de reproduction se manifeste par l'amincissement et l'aplatissement successif des bords; ces derniers, taillés à pic au début, s'encroûtent d'une légère couche osseuse; ils deviennent inclinés, obliques ; de nombreux canaux et sillons les parcourent. Les parties osseuses environnantes présentent régulièrement de la sclérose et de l'hyperostose. Ces altérations ressemblent donc quelquefois, à s^y méprendre, à celles qui résultent de l'atrophie inflammatoire, sans suppuration ni nécrose; il faut, pour ne pas les confondre entre elles, bien connaître les circonstances antérieures et bien examiner l'état des parties molles environnantes.

Enfin, quand il y a des altérations persistantes, comme dans l'ozène syphilitique , les bords osseux deviennent lisses, et subissent la sclérose et l'hyper-

(1) Arck gén., 1854, 5« sér., t. IV, p. 68Zi.

ostose; les perforations de la voûte palatine ont des bords tranchants , lisses et durs; un tissu cicatriciel, épais , blanchâtre et peu abondant les recouvre. Le nez affaissé est soutenu par des os épais, souvent éburnés, paraissant comme polis à leur extrémité inférieure; assez fréquemment il se forme une gouttière profonde sur le dos du nez. Au lieu de former un toit, les os propres du nez convergent en sens inverse, forment un sillon profond qui remplace l'arête saillante normale. La surface de ces os est parcourue par de nombreux sillons vasculaires affectant une forme radiée. Cette tendance à la sclérose et à l'hyperostose ne reste pas limitée à l'endroit affecté primitivement, elle s'étend au loin à la périphérie, jusqu'aux os de la base du crâne par exemple.

En novembre 1856, j'ai observé un cas semblable très remarquable, chez une personne de soixante-six ans, parvenue au dernier deii;ré de marasme; elle avait, en outre, des cicatrices du foie, et le sphénoïde était complètement sclérosé. Ce cas a été minutieusement décrit par 0. Heyfelder (1).

Nous pouvons, après les considérations précédentes sur la syphilis des os, si nombreuses du reste que soient ses diverses formes, diviser en deux grands groupes les altérations qu'elle cause: le premier groupe contiendra les productions inflammatoires sin^ples; le second, les productions spécifiques.

La sclérose et l'hyperostose, les exostoses et les no-

(1) Archio fur pathol. Anatomie, vol. XI, p. 51/i.

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