PRODUCTIONS INFLAMMATOIRES SIMPLES
dus, les caries, correspondent a des états inflammatoires connus des os, tandis que les tumeurs gommeuses du périoste, du tissu médullaire et du tissu osseux luimême, Tatrophie inflammatoire qui en dépend (carie sèche), et la nécrose des os ne peuvent trouver leur place parmi les précédents.
La peau , dont les altérations syphilitiques sont aussi fréquentes que variées, peut mieux que toute autre partie se prêter à la comparaison. On peut de même diviser les altérations syphilitiques de la peau en deux grands groupes. Nous y rencontrons, en effet, la tumeur spécifique à côté des irritations et inflammations simples, des macules et des papules, des pustules et des foyers purulents, des nodosités et des plaques muqueuses. En admettant que les syphilides simplement irritatives et inflammatoires appartiennent aux symptômes secondaires, on est en droit de se demander si les lésions osseuses simplement irritatives et inflammatoires ne sont pas des altérations secondaires ; et si l'on sépare franchement plusieurs aff'ections spécifiques de la peau comme appartenant aux syphilides tertiaires, il paraîtra alors contradictoire de réunir dans un seul et même groupe d'accidents tertiaires, des lésions osseuses, les unes spécifiques, les autres non spécifiques. On peut, à la vérité, objecter que jusqu'ici l'anatomie des syphilides est encore bien incomplète, que nous ne pouvons, par exemple, établir d'une façon satisfaisante la différence histologique entre un condylôme plat (plaque muqueuse) et un condylôme pointu : mais il est toutefois hors de doute que les divei'ses formes de syphilis
des os répondent aux formes de syphilis cutanée aussi complètement que peuvent le permettre les différences de structure de ces parties.
Il importe à ma description d'attirer l'attention sur une altération de la peau ayant beaucoup d'analogie avec l'atrophie inflammatoire des os (carie sèche) que j'ai décrite précédemment ; c'est l'atrophie cicatricielle de la peau , qui se produit quelquefois après le lupus non exedens, et les tubercules de la peau. Cette affection occasionne ordinairement des taches déprimées, blanchâtres, luisantes, dont l'apparition est précédée d'une desquamation épidermoïdale exagérée ; elles sont quelquefois recouvertes de croûtes, mais jamais elles ne succèdent à l'ulcération. Ricord pense évidemment à cette forme , lorsqu'il dit : « Ces tubercules sont susceptibles de résolution franche ou d'une sorte de résorption rapide , sous l'influence de laquelle ils se ramollissent , se flétrissent et , sans s'ulcérer, finissent par se transformer sur la peau en une espèce de croûte en quelque sorte cornée, qui, en tombant, laisse une tache le plus souvent déprimée (1). » A la vérité une atrophie cicatricielle se montre après le lupus érythémateux non syphilitique, lésion décrite par Erasmus Wilson (2), sous le nom de vitihgo; mais eUe s'en distingue par la forme tuberculeus'e déjà décrite de l'affection syphilitique antérieure. Quant aux formes mercurielles , il est impossible de ne pas les distinguer.
(1) Traité, p. 6A6.
(2) Maladies de la peau, trad, de Schroeder. Leipsick, 1850, p« /i03.