VI PREFACE
de nécroses, les différences qui séparent les lésions attribuées au mercure de celles que cause la syphilis, l'anatoniie pathologique des altérations syphilitiques du foie, du testicule, du rein, de l'iris^ du cerveau, de la rate, etc., les modifications ganglionnaires si intéressantes au point de vue de la théorie et au point de vue du traitement, l'influence des foyers locaux sur l'infection générale, tels sont les points sur lesquels M. Virchow a surtout insisté.
Malgré l'autorité que lui donnent la finesse et la profondeur de son talent d'observateur, le professeur de Berlin n'a négligé aucun document, ni dédaigné aucun écrit. Il l'a plus d'une fois répété : « Les anciens furent de bons observateurs. Nous devons donc conserver ce qui est vieux, tout en y ajoutant le nouveau. Il nous faut une réforme, non une révolution. » Le lecteur saura lui tenir compte de ses laborieuses recherches bibliographiques et appréciera sa consciencieuse irapartialité lorsqu'il examine avec soin chaque hypothèse, analyse chaque écrit, discute et critique tous les systèmes, cherchant partout le vrai, le contrôlant et l'acceptant de quelque côté qu'il vienne. Du reste, ce livre est une nouvelle preuve des tendances de l'auteur : on y voit le professeur suivre la voie qu'il traça jadis dans ses Tentatives unitaires, accomplissant le programme souvent rappelé dans ses Archives cranatomie pathologique et dans son Manuel de pathologie et de thérapeutirjue spéciales; appli(piant ici (comme dans ses recherches si estimées sur le tissu conjonctif.^ sur l'mflamrnatiou parenchymateusey le cancer, la leucémie, la
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thrombose, V embolie, etc.), les idées théoriques qu'il avait émises dès le début de sa carrière professorale, qu'il vient de résumer récemment dans sa Pathologie Cellulaire, et qui lui ont mérité une si éniinente position dans l'école médicale de rAUemagne.
En remerciant de tout mon cœur le digne et excellent professeur (j'ose presque dire l'ami), qui a bien voulu me confier l'interprétation de son œuvre, en le priant d'accueillir les soins que j'ai mis à bien rendre sa savante pensée, comme un témoignage de la reconnaissance de son ancien élève, qu'il me soit permis de dire au lecteur ce qui m'a valu cette flatteuse préférence.
C'est à l'Université de Wiirzburg, rendue célèbre par les leçons et les travaux de KôUiker, Scanzoni, C. Textor, Scherer, H. Mûller et autres; c'est dans cette Faculté (àj laquelle je suis fier de devoir mon diplôme de docteur), que j'ai pu suivre le brillant enseignement de Rudolph Yirchow.
Ayant, nonobstant le grade obtenu, continué mes études médicales à Munich et surtout à Berlin, puis visité les principales Universités allemandes, j'ai dû à la précieuse bienveillance de mes maîtres l'autorisation ou l'invitation de traduire quelques-unes de leurs œuvres les plus récentes, notamment de Liebig à Munich, de Scanzoni à Wùrzburg, de Langenbeck, Baerensprung, Traube, Grsefe, etc., à Berlin : heureux de contribuer à les faire connaître en France plus exactement qu'ils n'y étaient, pour la plupart, accoutumés. La science médicale allemande, en effet, a trop souvent été jugée
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parmi nous sur des extraits informes ou insuffisants, et sur des traductions tantôt négligées jusqu'à l'infidélité, tantôt littérales jusqu'à l'obscurité.
Je me suis donc attaché, tout en exprimant respectueusement la pensée des maîtres dont j'avais suivi les leçons et étudié les travaux antérieurs, à en traduire le sens d'après la règle éminente de notre langue, qui est la clarté. Dans ce but, je n'ai pas craint, au besoin, de sacrifier le mot à l'idée, d'allonger le texte, ou de couper la phrase. J'ai voulu être à la fois exact et clair.
Cette tâche n'était pas sans difficulté, je puis le dire ; aussi ai-je été bien heureux de voir, jusqu'à présent, mes efforts appréciés en Allemagne. Si le public français juge avec la même indulgence la traduction que je lui offre aujourd'hui, ma satisfaction sera complète.
Du reste, M. Yirchow^ a notablement augmenté l'édition française de la Syphilis constitutionnelle^ qu'il a eu la bonté de revoir, en y ajoutant le résumé de ses derniers travaux.
Je dois, en terminant, remercier M. Badoureau des soins qu'il a apportés à la remarquable exécution des figures.
Paul PICARD,
interne à l' Hôtel-Dieu.
Paris, décembre 4 859.