‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 26 sur 82 · OBSERVATIONS IV ET V · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS IV ET V

à follicules peu développés. Les reins sont diminués de volume, la couche corticale présente des rétractions cicatricielles; les papilles sont volumineuses et gorgées de sang.

Altération dysentérique du C(Mon, les ganglions niésentériques et lombaires présentent une infiltration caséeuse. Cicatrice à la couronne du gland, près du frein. Tuméfaction de l'épididyme, quelques adhérences au testicule gauche.

Voici donc trois observations clans lesquelles l'hépatite cicatricielle simple se montre à côté d'ulcérations pharyngiennes. Dans deux de ces cas, la syphilis avait terminé toute son évolution et avait eu pour conséquence l'atrésie de l'orifice postérieur des fosses nasales, par suite de l'adhérence du voile du palais avec la paroi du pharynx. Dans un de ces cas, nous avons trouvé des ulcérations existant encore après que l'hépatite semblait avoir parcouru tous ses stades morbides ; c'était donc probablement deux modifications qui n'appartenaient pas à la même infection. Il serait facile de multiplier ces exemples; mais la fréquence de cas analogues me dispense d'insister sur ce point. Étudions spécialement maintenant la forme gommeuse. Le cas suivant est un exemple des combinaisons pathologiques que l'on rencontre le plus souvent.

Observation V. — Présomption de cancer hépatique. — Atrophie inflammatoire , hyperostose , sclérose de la voûte crânienne. — Gommes et méningite^ avec fausses m,embranes. — Pleurésie tuberculeuse. — Cicatrices anciennes du poumon. — Ascite et péritonite. — Hépatite chronique gommeuse. — Tumeur splénique indurée, avec cicatrices hémorrhagiques. — Atrophie des

reins , catarrhe et diverticulum de la vessie. — Tuméfaction des ganglions,

Georges Veech, cocher, âgé de quarante-quatre ans, mourut le 20 février 1853 à l'hôpital Saint- Jules, de Wurzbourg. Il avait été traité à la clinique médicale pour une hydropisie et surtout pour une ascile. Après la ponction de la cavité abdominale, on attribua son affection à un cancer du foie.

Voici ce que l'on trouva à l'autopsie : grand amaigrissement, œdème des extrémités inférieures et des bourses ; le sujet est bien musclé. Dépressions cicatricielles de la voûte crânienne au niveau du front et de l'occiput, périoste non altéré, le centre de la dépression présente seulement une coloration rouge plus intense. L'os frontal du côté gauche présente aussi à sa surface interne de semblables dépressions avec sclérose et épaississement des parties voisines jusqu'à la lame orbitaire ; le point correspondant do la dure'mère présente un épaississement, sorte de tampon gélatineux, translucide, très vasculaire à la périphérie, blanchâtre et opaque au centre (métamorphose graisseuse). Hyperostose et sclérose à la face interne du frontal du côté droit. Le long du sinus longitudinal on observe des dépressions osseuses assez nombreuses, ressemblant à des cicatrices de l'os. Des productions ostéophyles aplaties ou verruqueuses, très vasculaires du reste, entourent ces dépressions. La dure-mère, au niveau de ces points, est calleuse et transparente dans les parties les plus excavées de l'os. Au-dessous de chaque bosse pariétale se trouve une dépression superficielle en forme d'étoile, avec sclérose de la table interne. La dure-mère, en général très injectée, est recouverte à sa surface interne par une fausse membrane opaque, peu épaisse, mais très vasculaire, qui ne correspond pas aux altérations osseuses. La pie-mère présente des glandes de Pacchioni très épaissies, les veines sont dilatées, et l'on y voit des traînées blanchâtres épaissies. Peu d'hydrocéphalie inléiieure ; épaississement de l'épendyme. Le cerveau est un peu sec; sa consistance est celle du cuir. Anémie de la subslance grise.

Valvules du cœur un peu épaissies ; du reste rien de particulier à mentionner au cœur. Dans le sac pleural gauche, on trouve des dépôts fibrineux sous lesquels la plèvre est infdtrée d'une couche de tubercules miliaires caséeux. Dans les deux poumons, masses cicatricielles anciennes, avec granulations grises à la périphérie. Le long du canal thoracique, près du nerf vague, se trouvent de nombreux ganglions lymphatiques tuméfiés, jaunâtres, atteignant le volume d'une amande, laissant à la pression suinter un liquide séreux, et qui sont entourés d'un tissu cellulaire rouge. Ascite peu abondante, sédiment purulent dans le petit bassin. On trouve béants les orifices de la ponction récente ; ecchymoses, épaississement marbré d'un rouge grisâtre et exsudations récentes, fibrineuses dans le péritoine. Épiploon refoulé en arrière, calleux, épais, rouge, adhérant au foie, à restou)ac et à la vésicule biliaiie. Veine porte normale.

Le foie présente des adhérences sur toute sa circonférence, et particulièrement du côté des capsules surrénales; le lobe droit et l'extrémité supérieure correspondant au ligament suspenseur sont diminués de volume. Le lobe gauche au contraire est plus étendu et plus volumineux. La surface du foie présente une foule de bosselures grandes et petites, et elle est sillonée par des lignes cicatricielles radiées allant du hgament suspenseur à la veine porte. En suivant ces lignes, on voit qu'elles se prolongeaient aussi bien autour de la veine porte qu'autour de la veine hépatique, déterminant le rétrécissement des vaisseaux, l'épaississement de leurs tunicpies qui étaient plissées transversalement. Les canaux biliaires étaient de même rétrécis ; ils contenaient, ainsi que la vésicule du fiel, une bile très claire, avec des graviers noirâtres et une masse brune, molle, formée d'épithélium, de pigment et de petits calculs à couches concentriques. Le reste du parenchyme hépatique était lâche et comme ramolli ; on y voyait des points pâles (acini) alternant avec des points rouges (œdème et atrophie). Au bord droit le tissu, rougeâtre et atrophié dans une grande étendue, élait parcouru j ar des lignes épaisses et blanches, se terminant par de petites taches jaunes. On voyait en ce point et à la surface du foie, des tubercules ; les uns avaient le volume d'une cerise, les autres étaient plus petits, d'un blanc jaunâtre, secs, résis-

tanls, à angles un peu arrondis. Ils étaient entourés par un tissu cicatriciel blanchâtre, calleux, comme tendineux. La rate, augmentée de volume, avait six pouces et demi de longueur, quatre pouces et demi de largeur, deux pouces d'épaisseur. La capsule présente quelques points épaissis, résistants, couverts d'exsudations; le tissu splénique est également épaissi, il renferme peu de sang et est comme desséché ; en quelques points il est décoloré et blanchâtre et présente des dépressions cicatricielles, apparemment par suite d'infractus hémorrhagique. Les capsules surrénales sont volumineuses. Le pancréas est petit. Les reins ont une surface chagrinée, leurs capsules se séparent difficilement de leur tissu hyperhémié; les papilles sont d'un blanc jaunâtre pâle. La vessie contient une urine trouble et jaunâtre; la muqueuse vésicale est d'un rouge foncé ; la tunique musculaire est le siège d'un épaississement trabéculaire. A la portion postérieure du bas-fond vésical se trouvent trois diverticulums, ayant à peu près un pouce de profondeur, un orifice étroit, laissant pourtant pénétrer le doigt, et contenant dans leur cavité très hyperémiée des calculs d'acide urique. A la partie qui correspond à ces cavités, on remarque djans l'excavation recto-vésicale, des adhérences nombreuses. État catarrhal de l'estomac et des intestins. Les ganglions mésentériques et lombaires sont tuméfiés, œdématiés. Les ganglions épigastriques augmentés notablement de volume sont ardoisés, et présentent de petites taches granuleuses blanchâtres.

Dans cette observation , nous trouvons les tubercules jaunâtres dont nous avons si souvent parlé, existant simultanément avec d'autres altérations. D'abord avec l'atrophie hépatique , désignée sous le nom de foie à aspect de noix muscade; ensuite avec ces dépressions cicatricielles de l'inflammation interstitielle. Cette dernière produisit ici, comme cela s'observe si souvent dans la cirrhose , l'ascite et la tuméfaction de la rate ; c'est encore à l'inflammation interstitielle qu'il faut

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