‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 27 sur 82 · TUBERCULES GOMMEUX DU FOIE · texte numérisé non relu

TUBERCULES GOMMEUX DU FOIE

rapporter ces inégalités et ces nodosités du foie, sensibles pendant la vie, et qui avaient fait présumer un cancer. Budd (1 ) a le premier décrit ces tubercules jaunes, sous le nom de tumeurs granuleuses enkystées; il les attribuait à une inflammation des voies biliaires, ayant pour résultat l'oblitération, la dilatation de ces canaux, et, par suite, l'accumulation des produits épaissis de la sécrétion. Mais Budd les confond ("2) avec une certaine forme des tubercules vrais du foie, qui, comme je l'ai trouvé, débutent par les parois des conduits biliaires de moyen calibre.

Oppolzer et Bochdalek (â), à Prague, prirent ces tubercules pour des cancers guéris jusqu'au moment où Dittrich, se servant des mêmes préparations anatomiques et des mêmes observations sur lesquelles ces deux professeurs avaient basé leur opinion , démontra la nature syphilitique de ces altérations. On s'est servi depuis de ces observations pour affirmer l'incurabilité du cancer hépatique.

Je ferai remarquer que, dans mon travail sur le cancer (4), j'ai précisé ce point en disant : «On ne peut affirmer que ces tumeurs soient du tubercule ou du cancer; il faut pour cela connaître l'histoire de leur développement. » Ce détail n'a pas eu d'influence sur la description que je donne de la cicatrisation du cancer

(1) Leberkrankheiten, p. 371.

(2) Loc. ciL, p. 179.

(3) Prager Vierteljahrsschrifty 18/|5, t. II, p. 59. {k) Archiv fur path, Anatomie, vol. I, p. 193.

hépatique; je vais même plus loin, ce que j'ai décrit comme métamorphose tuberculeuse (caséeuse) du cancer hépatique est, d'après moi, toute autre chose que le tubercule syphilitique (Ij.

Dittrich pensait que ce dernier était les débris d'une exsudation, débris enkystés à l'état de crudité. D'après lui, la masse cicatricielle était formée par l'organisation de cet exsudât. De cette opinion à celle qui n'accorde aucune qualité particuhère ou spécifique à cet exsudât, il n'y a qu'un pas ; il est vrai de dire que telle n'était pas la pensée de Dittrich. Cohn (2) pense aussi que le centre de l'exsudation privée de ses vaisseaux sanguins, par suite du dépôt de substance fibroïde autour de l'épanchement, finit par se tuberculiser. Ricord (â), au contraire, compare ces produits à certains tubercules du tissu cellulaire que l'on rencontre fréquemment dans la syphilis tertiaire ; il les désigne sous le nom de dégénérescence plastique. H. Meckel (4) les considère comme une dégénérescence fîbro-tuberculeuse.

Budd a donné une analyse micrographique très exacte de ces altérations. Comme dans le tubercule , la partie centrale est formée par une substance dense, parsemée de granules graisseux ; on peut y distmguer quelques noyaux plus ou moins évidents; il s'y trouve

(1) Voy. mon Handb. der Spec. PathoL, vol. 1, p. 351.

(2) Bericht uber die im Jahre 1852 et 1853 im Hospital zu AllerheiligenverpflegtenKranken.Bïes\au,iSbh, p. 120.

(3) Cliniq. iconographique, pi. XXX, fig. 2-3.

(4) Charité-Aïinalen, vol. IV, p. 287 et 319.

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