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LA GOMME MUSCULAIRE

Les affections syphilitiques des muscles peuvent aisément être rangées à côté des altérations du foie. Bouisson (2) s'en est occupé et les a minutieusement décrites. Après avoir mentionné les douleurs musculaires, il signale la contracture (Ph. Boyer, Ricord, Notta) et les tumeurs syphilitiques des muscles.

Les contractures musculaires ont pour cause, et j'ai insisté déjà sur ce point (3), des dégénérescences cal-

(1) Mémoire sur V ictère qui accompagne quelquefois les éruptions syphilitiques précoces [Gazette médicale de Paris, l85Zi).

(2) Bouisson, Gazette médicale de Paris^ 1846, juillet cl noût.

(3) Archiv fiir pathol. Anatomie, vol. IV, p, 271.

leuses du tissu musculaire^ altérations analogues à celles que produit l'inflammation rhumatismale simple ou traumatique ; au milieu du tissu interstitiel des faisceaux musculaires se développe un tissu conjonctif qui se sclérose et détruit, après l'avoir atrophiée, la fibrille musculaire primitive.

Les tumeurs musculaires se comportent autrement : leur mode de terminaison est très variable, d'après Bouisson; il dit qu'elles se ramollissent, suppurent, s'indurent, deviennent cartilagineuses et peuvent enfin s'ossifier. Billroth (1) regarde les tubercules musculaires comme une exsudation couenneuse , pénétrant la substance du muscle; il décrit l'ulcération d'une de ces tumeurs.

D'après Bouisson, elles sont produites par une lymphe plastique grisâtre , s'accompagnant d'hypertrophie. Ricord (2) en donne une figure et les rapporte à une dégénérescence plastique. — Les tumeurs syphihtiques des muscles ont en effet la même marche que les tumeurs gomm.euses du testicule et du foie : elles résultent de la prolifération du tissu conjonctif interstitiel et présentent les métamorphoses graisseuses et caséeuses des couches de nouvelle formation.

Les altérations musculaires les pUis importantes sont les tumeurs gomme uses de la langue et du cœur; je n'ai pu faire aucune recherche anatomique sur les premières qui ont été bien souvent décrites. On possède

(1) Op. cit., p. 62.

(2) Clinique iconographique, planche XXVIll bis, figure i.

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