‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 37 sur 82 · DÉGÉNÉRESCENCE SYPHILITIQUE DU REIN · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE SYPHILITIQUE DU REIN

Dans ces derniers temps, j'ai en plusienrs fois l'occasion d'observer des modifications caractéristiqnes des reins dans la syphilis constitutionnelle. La forme la plus commune était la néphrite interstitielle; tantôt locale, tantôt développée en plusieurs points des reins, cette altération produisait l'induration et la rétraction du tissu conjonctif, la dégénérescence graisseuse etl'atrophie de l'épithélium des canalicules urinifères, et enfin des dépressions cicatricielles profondes de la surface des reins. Plus rarement il m'a été donné de voir la dégénérescence diffuse du stroma rénal, altération très difficile à reconnaître. J'en fis l'observation pour la première fois sur un rein syphilitique que m'envoya M. le docteur Tiïngel (de Hambourg). Dans ces cas, les reins sont tuméfiés; leur surface est lisse, décolorée et un peu relâchée; elle est d'un blanc grisâtre, et présente des stries fines ou de nombreux points jaunâtres. A la coupe, on voyait à l'œil nu des stries jaunâtres pénétrer dans le tissu fondamental coloré en jaune clair, et le microscope fit reconnaître dans ces points du tissu conjonctif du stroma, des granules graisseux serrés les uns contre les autres.

Avant de quitter ce sujet, je ferai remarquer que dans le cas de Wûrzburg (1), on trouvait aussi une augmentation de volume et une dégénérescence graisseuse complète des capsules surrénales; plus tard, j'ai rencontré quelquefois cette altération chez des enfants affectés de syphilis congénitale. J'ai observé aussi à cet

(1) Wurzb. Verhandl., vol. III, p. 368.

âge une dégénérescence graisseuse du pancréas, avec rétrécissement du conduit de Wirsung, qui était rempli de mucus gélatineux.

Parmi les afïections syphilitiques du tube digestif, nous avons souvent parlé des gommes de la langue et dés ulcérations du voile du palais et du pharynx, dont la cicatrisation produisait la sténose et l'atrésie de ces parties. L'œsophage semble, dans la plupart des cas, avoir été épargné par la vérole. FoUin (i) présume cependant que quelques cas de stricture connus dans la littérature médicale pourraient bien avoir une origine syphilitique. Consultez aussi, sur ce point, l'observation ÎY.

Les ulcérations syphilitiques de l'estomac dont parle Cruveilhier (2) sont décrites d'une manière un peu générale. CuUerier (3) a publié un exemple d'entérite syphilitique tertiaire ; mais ses descriptions se rapportent^ plutôt à des ulcérations ordinaires de follicules, et les observations cliniques de Pillon (i) ont peu fait avancer la science sur ce sujet. De Baerensprung (5) a récemment décrit d'une manière plus exacte les ulcérations du gros intestin , qui sont relativement fréquentes à Berlin, et qui atteignent des dimensions étonnantes. Gosselin (6) a traité des strictures qui peuvent en résul-

(1) Des rétrécissements de l'œsophage, Paris, 1853, p. 30.

(2) Bévue médicale, 1838.

(3) Union médicale, 185Zi, ii° 137.

(Zi) Gazette des hôpitaux, 1857, n" 66.

(5) Annales de la Charité, vol. Vi, p. 56.

(6) Archives générales, 5* série, 185/j, l. IV, p. 666.

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ter. Il ne m'a pas été donné d'observer cette affection à son début; je n'arrêterai donc pas le lecteur sur ce point.

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