MODUCTIONS ANALOGUES AUX GOMMES
traire, les éléments contenus dans rintérienr de la masse jaune qui subissent la dégénérescence graisseuse sont presque toujours petits et restent séparés de la substance fondamentale fibreuse. La véritable transformation athéromateuse n'a été vue, le testicule excepté, que dans les tumeurs cérébrales de nature gommeuse. Enfin, je ne nie en aucune façon que le tubercule, moins dans son développement que vers la fin de ses transformations, ne se rapproche beaucoup de la gomme, et à propos des syphilides cérébrales, j'ai fait voir combien il était difficile de les différencier l'un de l'autre. Cependant la forme granuleuse, miliaire, par laquelle commence toute espèce de tuberculose, permet d'en faire aisément la distinction ; et si Ton tient compte surtout des différences caractéristiques du siège et du volume, on verra que dans le plus grand nombre des cas, le diagnostic est assez facile.
Que déduire de ces analogies? En conclura-t-on que le lupus est toujours syphilitique et que la sclérose artérielle est une conséquence de la vérole? Ou bien que la gomme est un sarcome ou un tubercule? Certainement non. Nous trouvons dans ces faits une preuve de plus à l'appui de l'opinion suivante, savoir, que la formation primitive et la formation régressive sont, dans l'espèce humaine, renfermées dans d'étroites limites ; que dans leurs débuts tous les actes pathologiques formateurs ont presque la même marche; que la nature de l'organe dans lequel ils se passent influe sur leur marche ultérieure, et qu'il nous faut. étudier et étudier empiriquement le même processus dans chaque point du corps
180 ÉTUDE DES GOMMLS.
humain et dans chaque organe en particulier. En somme, l'irritation spécifique cle la syphilis ne se comporte pas dans sa marche autrement que l'irritation simple de l'inflammation, et la nature spécifique de la tumeur gommeuse n'est pas assez évidente pour nous permettre de raisonner la syphilis du cerveau et du poumon de la même manière que la syphilis du foie ou du testicule. Ce que nous savons d'essentiel, c'est que les productions gommeuses ne présentent aucun caractère histologique qui les différencie absolument des productions simplement inflammatoires; mais les gommes présentent (ressemblant en cela aux autres altérations ordinaires de la syphilis) certaines particularités dans l'histoire de leur évolution, dans leur siège, dans leur mode d'apparition, dans leurs relations et dans leurs suites, qui permettent de porter un diagnostic certain, surtout lorsqu'elles se développent dans certains points où on les a scrupuleusement étudiées.
Ainsi, je ne saurais distinguer anatomiquement la sclérose artérielle et fathéromasie d'avec raltération syphilitique d'une artère. Si la même lésion se produit dans un muscle, dans une glande, j'affirmerai qu'elle est de nature syphilitique, et je serai d'autant plus confirmé dans mon affirmation, que la lésion ressemblera plus à une tumeur, à une nodosité, à un sarcome, ou, si l'on veut, à un tubercule.
On pourra à la vérité se den^ander si c'est la syphilis, ou bien fintoxication mercurielle qui est ici en discussion. Il faut répondre à cette (piestion ])ar une fin de non-recevoir ; c'est aux antimercuiialisles à démontrer