BASE DU CHANCRE INDURÉ
que l'hydrargyrosé produit un sarcocèle gommeux, une myocarditegoinmeusejUiie sténose du larynx, uneiriiis. C'est ce que personne n'a encore prouvé ; mais il y a encore une objection à opposer aux ennemis du mercure : c'est que le chancre induré ressemble entièrement aux productions gommeuses. J'ai toujours insisté sur ce fait (1), et les descriptions que Michaelis, Lebert, de Ba^rensprung ont données du chancre, confirment de tout point mon opinion.
Le fond induré de l'ulcère chancreux nous présente la même prolifération du tissu conjonctif, la môme destruction des éléments en fines granulations graisseuses, le même épaississement que l'on remarque dans la tumeur gommeuse noueuse des parties internes. Michaelis a été plus loin; il a, par des inoculations, cherché à démontrer que le détritus du chancre induré possède les propriétés infectantes, et que cela est vrai pour le bubon comme pour le chancre {T).
La description de Lebert (o) se rapporte au stade initial de l'induration, et la contradiction apparente qui se trouve entre cette description et celle qu'il donne de la tumeur gommeuse s'explique en ce qu'il a choisi pour décrire cette dernière la période de la métamorphose caséeuse. Il dit de l'induration : « Ce tissu, que j'ai vu avoir jusqu'à 6 millimètres d'épaisseur, a un aspect
(1) CanstaWs Jahresbericht fur ibb3,\. lï, p. 66,
(2) Zeitschrift der K. K. Ges. der Aerzte zu Wien, 1856, p. Zil8 ; 1857, p. 791.
(3) Traité d'anatomie pathologique, vol. !, p. 179; et Handb, der praktischen Medicin^ vol, I, p. 3/iZj.
particulier; il est cPiin jaune rougeàtre pâle; il a une mollesse élastique et il est brillant. A la pression, on en fait sortir un suc blanchâtre, un peu trouble, très filant. Les vaisseaux sont plus nombreux et plus ramifiés à la surface. On y rencontre surtout les noyaux ovales et ronds du tissu fibro-plastique , un certain nombre de corps fusiformes, et proportionnellement une petite quantité de cellules complètes. Tous ces éléments se trouvent compris entre les fibres du derme qui sont écartées par cette exsudation fibro-plastique. »
Cette description peut aussi s'appliquer aux gommes des organes internes, et, au contraire, on trouve dans le tissu induré du chancre cette métamorphose graisseuse, granuleuse, qui caractérise ordinairement les gommes. Ici il n'y a aucune différence.
Nous voici revenu à notre point de départ. Comment différencier les accidents syphilitiques secondaires des accidents tertiaires? L'examen anatomique nous permet de répondre complètement à cette question. Le chancre induré, que tout le monde regarde comme secondaire, nous présente le même mode de développement que la tumeur goaimeuse que l'on regarde comme caractéristique des accidents tertiaires. L'hépatite simple interstitielle, qu'on regarde comme tertiaire, ressemble exactement à l'orchite simple interstitielle ou àl'iritis, qui sont évidemment des accidents secondaires. Les bubons indolents de la période secondaire présentent àleur manièrela mêmehypertrophie, avec épaississement caséeux, que l'on observe dans le lupus ou les gommes de la dure-mère à la troisième période de la vérole. On trouve