N° III
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1° Le premier phénomène de l'astigmatisme est que Tonne reconnaît les lettres ci- dessus que sous un angle plus grand, c'est-à-dire à une plus petite distance. On peut facilement, à Faide de cette méthode, déterminer le degré d'acuité de la vision. Il suffit de diviser par le if N la distance d, exprimée en pieds, à laquelle on distingue les lettres, et Ton ohtient l'acuité de la vision :
Si on lit n° XX à vingt pieds, l'acuité est parfaite :
Si l'on voit n° XX seulement à dix pieds, ou n° XII seulement à trois pieds, alors :
(1) Le docteur Snellen vient de publier un système de lettres pareilles, depuis le numéro CG jusqu'à I, très commodes pour déterminer le degré d'acuité de la vision.
3/i l'astigmatisme.
Malgré une accommodation parfaite, avec ou sans verres sphériques, l'œil affecté d'astigmatisme anormal n'a jamais S = l.
Il n'est même pas rare de rencontrer 8 = g. Lorsque S = ^, les troubles sont déjà très gênants.
2° Il existe une certaine indifférence pour des verres très différents : un choix exact paraît impossible; des verres de ^ et de ^ semblent également bons. Si la diminution de l'acuité de la vision tient à d'autres causes, cette indifférence n'existe pas ou existe à un beaucoup moindre degré. Ce phénomène m'a déjà fait supposer, il y a longtemps, que la diminution de la netteté de la vision qui accompagne presque toujours l'hypermétropie dépendait d'un astigmatisme anormal. Ce phénomène s'explique par la longueur de l'intervalle focal dont la rétine ne franchit pas les limites, pourvu que la différence des verres ne soit pas trop considérable. Or, il est assez indifférent que la rétine corresponde plutôt à une section de l'intervalle focal qu'à une autre, car toutes les sections produisent des images de dispersion qui causent des troubles visuels à peu près semblables (voy. p. 31).
3° L'accommodation modifie non-seulement la grandeur, mais aussi la forme des images de dispersion d'un point lumineux. Ce n'est que lorsque le miheu de l'intervalle focal correspond à la surface percipiente que l'image est à peu près ronde ; dans tout autre état de l'accommodation elle est allongée dans l'une ou l'autre direction. Cela a déjà lieu, comme nous l'avons vu, dans les degrés ordinaires d'astigmatisme régulier, mais c'est surtout frappant dans les hauts degrés. On trouve alors très vite un verre au moyen duquel un point lumineux apparaît à distance sous forme
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d'une ligne lumineuse, et de même un second verre (soit positif, soit négatif) qui, placé devant le premier, donne à la ligne une direction justement opposée. Nous avons dans la force de ce dernier verre un moyen de déterminer le degré de Tastigmatisme. Ces changements de direction de la ligne lumineuse, lorsqu'on ajoute et enlève alternativement le second verre, frappent beaucoup les personnes affectées d'asligaialisme (1). Toute personne qui a un pouvoir suffisant sur son accommodation, peut, sans se servir de verres modificateurs , produire selon sa volonté des changements pareils dans la forme des images de dispersion.
It L'influence que la direction des lignes exerce sur leur netteté est extraordinairement grande. La plus grande différence se rencontre pour les lignes qui correspondent àla direction des lignes lumineuses décrites sub 3% lesquelles dévient rarement beaucoup de la verticale et de l'horizontale. L'état de la réfraction daîis les divers méridiens détermine lesquelles de ces lignes paraîtront les plus nettes à distance : d'ailleurs il est facile de trouver le verre sphérique positif ou négatif, à l'aide duquel les premières ou les dernières de ces lignes seront vues nettement ; c'est alors que les lignes dans la direction opposée sont le plus diffuses. Dans cette dernière expérience aussi il est facile de ti^ouver une seconde lentille au moyen de laquelle les dernières
(1) Les ligues suivent les mouvements de latéralité de la tête. — Nouvelle preuve que le méridien vertical de l'œil conserve la même direction que la tête, et ne reste nullement vertical en exécutant une rotation autour de Taxe visuel, comme Hueck l'avait autrefois prétendu. On peut également l'observer aux lignes formées par les images de dispersion d'un point lumineux (Fersiag'en en mededeelingen van de Kon. Acad. von Welenschappen, 1861, Dl. X, Bl. 192). La méthode qui repose sur ce fait est d'une application plus facile que celle des images persistantes, indiquée d'abord par RvEiE {Handhuch d. Ophlhalmologie, 1844, t. l].
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deviennent distinctes, tandis que par contre les premières deviennent aussi peu nettes que possible; les images seront d'autant moins distinctes et le verre d'autant plus fort que le degré de l'astigmatisme sera plus considérable. La netteté alternative des lignes de direction opposée, lorsqu'on ajoute et enlève successivement le verre modificateur, est très sensible même pour de faibles degrés d'astigmatisme, tandis que l'on n'observe presque aucune influence sur une ligne qui coupe sous un angle de /i5 degrés les deux lignes opposées.
5° Si les lignes placées dans différentes directions sont brisées comme dans la figure 8, il y a pour tous les yeux une certaine distance o\i elles apparaissent simples et où Ton ne voit que la ligne principale. Si alors on se rapprocbe, l'œil fortement astigmatique apercevra les brisures transversales beaucoup plus tôt dans
FiG. 8.
IH la ligne qui sera vue le moins nettement que dans
■■ celle qui sera très distincte.
■B 6° Des lignes de même longueur, mais de direction opposée, n'apparaissent point également longues. Il en résulte une appréciation inexacte de la forme des objets-, un carré semble être un rectangle.
Ici deux causes sont en jeu. D'abord, en accommodant exactement, successivement pour les lignes verticales et horizontales, celles qui se trouvent dans le méridien de la plus forte courbure (ordinairement les verticales) forment sur la rétine des images plus allongées. Cela tient à la situation des points nodaux, ou plutôt du second point nodal. Plus ce point (que l'on peut considérer comme cor-
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respondanl au centre optique) est éloigné de la rétine, plus l'image rétinienne sera grande ; or, comme la cause de l'astigmatisme consiste principalement en une différence de courbure des méridiens de la cornée , le second point nodal est situé plus en avant dans le méridien de la plus forte courbure. Cette différence peut, dans les cas d'astigmatisme considérable, être plus grande que 1 millimètre, c'est-à-dire environ ^ de la distance entre le second point nodal et la cornée. En second lieu, il faut tenir compte de la dispersion. Lorsqu'on voit nettement une ligne verticale, une horizontale paraît diffuse ; elle semble être plus large. Les limites supérieure et inférieure d'un carré peuvent être considérées comme des lignes horizontales ^ il en résulte que, lorsque Ton accommode pour les lignes verticales du carré, il paraîtra plus grand dans le diamètre vertical. Comme en outre, à cause de la différence de situation des points nodaux, même l'image nette est plus grande dans cette direction que dans l'horizontale, le carré doit, pour cette double raison, paraître plus haut lorsqu'on accommode pour ses hmites verticales, et la différence entre la hauteur et la largeur devient ainsi considérable. Au contraire, lorsqu'on ficcommode pour les lignes horizontales, la dispersion fait paraître le carré plus large et peut ainsi compenser l'effet produit par la différence de situation des points nodaux. La dispersion produit l'effet décrit ci-dessus lorsqu'on considère un carré éclairé sur un fond obscur ; le contraire a lieu pour un carré obscur vu sur un fond éclairé.
7° On augmente sensiblement l'acuité de la vision en regardant au travers d'une fente large de 1 à2 millimètres. On se servira, pour ces expériences, de l'appareil sténo-
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péique dont on peut à volonté rétrécir ou élargir la fente (1). L'amélioration de la vue est surtout sensible lorsqu'on lient la fente dans la direction du maximum ou du minimum de courbure, qui auront été déterminés (voy. sub 3°, p. 3/1) par la direction dans laquelle s'allonge Fimage de dispersion d'un point lumineux. La fente coïncide alors avec une section principale qui passe par deux des axes de rellipsoïde. L'amélioration de la vue, en regardant au travers d'une fente, est d'une haute importance. Il donne la preuve directe que les rayons réfractés dans le méridien d'une des sections principales se réunissent à peu près en un point, et que par conséquent les troubles visuels existants dépendent de l'asymétrie ; et qui plus est , on peut de cette manière, à l'aide de verres sphériques, déterminer la différence de réfraction entre le méridien de courbure maximum et celui de courbure minimum, comme nous le démontrerons dans le chapitre suivant.
Un autre fait instructif est qu'en regardant par une fente qui ne correspond point à un des méridiens principaux, les objets apparaissent déformés, tant parce qu'il reste encore assez de cercles de dispersion, lesquels sont allongés dans le sens de la fente, que parce que les normales d'un méridien qui ne passe que par un axe ne sont pas toutes situées dans un même plan, et par conséquent les rayons réfractés ne restent pas tous dans le même plan.
(1) Paetz et Flohr, sous les Tilleuls, à Berlin, fabriquent dans ce but des appareils pourvus d'un diaphragme percé de plusieurs ouvertures de difTérentes {grandeurs, ou avec une fente que Ton peut rétrécir ou élargir à volonté. Je les ai appelés sténopéiques (voy. Van Wijngaarden, De perspicUlis stenopeis, dissert, inaug., Utrecht, 1856, et Archiv f. Ophthalm., t. I, fascicule 2, p. 251), de cttsvoç, étroit, et otty), fenêtre ou ouverture pour regarder au travers.