‹ La syphilis constitutionnelleChapitre 73 sur 82 · II 11 11 II · texte numérisé non relu

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72 l'astigmatisme.

ne connaissais pas de méthode plus exacte que celle décrite siib 8^ (p. 56), et nous avons fait observer qu'elle laissait beaucoup à désirer toutes les fois qu'un astigmatisme irrégulier considérable était en jeu. C'était le cas pour le n° 1, à un tel degré que déjàde prime abord le résultatobtenu fut considéré comme très incertain; et un examen subséquent, fait d'après une autre méthode, a en effet démontré que l'astigmatisme régulier de cet œil n'était point 1 : A, 55, mais environ -g- : ainsi s'explique aussi la grande différence trouvée pour ce cas-là. Il ne reste donc plus que les n^' 9 et 10 pour lesquels il faut admettre une influence du cristallin, et cela dans un sens opposé à l'action astigmatique de la cornée. D'après tout ce qui précède, nous sommes en droit de maintenir la conclusion que dans la grande majorité des cas l'astigmatisme anormal a pour cause une asymétrie de la cornée (1).

On se demande maintenant, après avoir constaté Tasymétrie, si le rayon du méridien horizontal est plus grand, ou celui du vertical plus petit que dans l'œil normal symétrique. En premier lieu, nous répondrons qu'ordinairement le rayon du méridien horizontal est sensiblement plus grand. Sur 120 mensurations d'yeux d'hommes à acuité de vision parfaite, j'ai trouvé pour le p° dans le méridien horizontal une moyenne de 7,858 millimètres, un maximum de 8,396

(I) Pour mieux établir la comparaison, nous avons, sur 8 à 10 yeux astigmatiques détcrmiDé les rayons de courbure dans le milieu , c'est-àdire approximativement dans l'axe de la cornée, et dans des plans qui correspondaient à la direction des méridiens principaux. J'en ai déjà fait mention au congrès d'oculistes tenu à Heidelberg, en septembre 1861. La plupart, de ces mensurations ont été faites par le docteur Haffmanns. C'est pourquoi je regrette doublement de devoir confesser qu'elles ont été égarées.

CAUSE ET SIÈGE DE l'aSTIGMATISME ANORMAL. 73

et un minimum de 7,291. Dans ce nombre, il y avait plusieurs yeux myopes et hypermétropes, même aux plus hauts degrés, mais sans qu'il en résulte une différence appréciable (1). Les 49 yeux asymétriques, qui, dans le tableau de la page 67, appartiennent à des hommes, donnent au contraire pour le p° une moyenne de 8,291, c'est-à-dire presque le maximum trouvé pour les yeux symétriques, et sur ce nombre il n'y en a pas moins de cinq qui dépassent même ce maximum, à savoir : p° = 8,/i/î, p° = 8,72, p" = 8,7/i, p° = 8,81 etp° = 8,91. Quantau p° dans le méridien vertical, il est dans les yeux asymétriques plus petit que dans les yeux symétriques, mais la différence est ici moins considérable. La moyenne, pour les premiers (voy. le tableau de la page 67), est p° vertical = 7,/i39-, quant au p° vertical dans des yeux symétriques, je ne possède pas d'autres mensurations que celles de la page 25, qui donnent une moyenne de 7,695. Il en résulte que, lorsque l'œil est asymétrique, le p" du méridien horizontal dépasse ordinairement la moyenne , tandis qu'il reste au-dessous dans le méridien vertical.

Outre les difformités congénitales de la cornée, diverses affections acquises peuvent causer l'astigmatisme anormal. Elles méritent une étude spéciale, et nous nous en occuperons au § VIII, en traitant au point de vue clinique des diverses formes de l'astigmatisme. — Enfin il faut encore ajouter que, lorsque la cornée ne présente aucune asymétrie, le cristallin peut être le siège de l'astigmatisme

(1) Comparez : Verslagen en Mededeelingm van de Koninklijke Akademie van Welenschappen , iS60 ; et Tiveede jaarUjksch vcrslag helrekkinlijk de verplegeg en't onderiuijs in her Nederlandsch gasthuis voor ooglijders, met welenschappeiijkobijbladen. Utrecht, 1861, p. 25.

*7Ii l'astigmatisme.

anormal. Dans ces cas j'ai toujours pu constater une déviation sensible dans la position du cristallin, de telle sorte que je n'eus jamais de raison d'admettre comme cause de l'astigmatisme un changement dans la forme du cristallin.

Il est excessivement difficile de déterminer d'une manière exacte la part de l'astigmatisme de tout le système dioptrique qui revient au cristallin. Il n'est pas question, pour le moment, de pouvoir, par un examen objectif, déterminer dans l'œil vivant l'asymétrie des surfaces de courbure du cristallin. Exclure l'action de la cornée en plongeant l'œil dans un court cylindre rempli d'eau et limité antérieurement par une lentille remplaçant la cornée (méthode de Young) , rencontre des difficultés pratiques de diverse nature. Il ne reste donc pas d'autre moyen que de déterminer, d'un côté, par l'examen subjectif, l'astigmatisme de l'œil (d'après la méthode décrite sub 5°); de mesurer exactement, d'un-autre côté, au moyen de l'ophthalmomètre, l'astigmatisme de la cornée, et de comparer le résultat obtenu avec l'astigmatisme total. Mais pour cela il faut connaître les rayons de courbure de la cornée dans les méridiens principaux, et rien ne permet d'admettre à priori qu'ils coïncident avec les méridiens principaux de l'ensemble du système dioptrique ; et si même on avait le droit de l'admettre, il serait toujours difficile de donner à la tête une position telle que ces méridiens fussent exactement dans la direction de la verticale et de l'horizontale. Comme, en outre, pour calculer le rayon du sommet de la cornée, il faut successivement faire regarder des points de vision différents, on doit s'attendre encore à des variations dans la direction des méridiens par suite des mouvements de l'œil. Il ne reste donc pas d'autre moyen que de faire mouvoir les lumières elles-mêmes dans un plan vertical autour d'un point vers lequel soit dirigé Taxe de la cornée aussi bien que celui de l'ophlhalmomètre '. c'est ainsi qu'on fait réfléchir les lumières successivement dans les divers méridiens de la cornée, tandis qu'on donne aux plaques de verre de l'ophthalmomètre une inclinaison égale. Nous venons d'organiser

nos appareils de telle sorte, que nous serons à même de déterminer dans tous les méridiens le rayon de courbure du sommet de la cornée. Nous communiquerons plus tard les résultats obtenus par ce moyen. La plus grande difficulté est de trouver le point de vision, de telle sorte que l'axe de la cornée soit exactement dirigé sur le point autour duquel s'exerce le mouvement de rotation des lumières. Une fois cela obtenu, les mensurations sont bientôt faites.

Je ne veux pas négliger de mentionner que les plans horizontaux et verticaux dont nous avons indiqué les rayons dans le tableau ci-dessus, non-seulement ne sont pas des méridiens principaux, mais ne sont même pas des méridiens. Les mensurations ont eu lieu pendant que la ligne de vision était dirigée sur l'axe de l'ophthalmomètre, c'est-à-dire sur un point situé au milieu, entre les flammes dont on a mesuré les images réfléchies : ce sont donc des plans menés par la ligne de vision, et non par l'axe visuel, et même dans ces plans, vu la déviation latérale de la ligne de vision, ce rayon trouvé n'est pas le plus petit; cependant l'inexactitude qui en résulte n'est pas assez grande pour diminuer la valeur des conclusions que nous en avons tirées.

DES LENTILLES CYLINDRIQUES, ET DES RÈGLES GÉNÉRALES DE LEUR APPLICATION.

On peut, comme on l'a va, produire l'astigmatisme régulier en ajoutant une lentille cylindrique à une sphérique.

L'action à\me lentille cylindrique, d'un autre côté, peut être annulée par une seconde lentille pareille et de distance focale égale. Si ces lentilles cylindriques sont toutes deux ou positives ou négatives, alors, pour qu'elles se neutralisent réciproquement, les axes des surfaces cylindriques doivent

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êlre perpendiculaires l'un sur l'autre ^ si, au contraire, l'une est positive, l'autre négative , le même effet a lieu lorsque les axes sont parallèles. Nous avons un exemple de ce dernier cas dans la lentille as tigmatiquc de Stores (voy. p. 59); son action est r= 0, lorsque les axes sont parallèles. Nous voyons le premier cas dans les loupes d'horlogers qui présentent deux surfaces cylindriques d'égale distance focale, et dont l'action, grâce à l'entrecroisement des axes de ces plans, est approximativement la même que celle des loupes biconvexes ordinaires. Si les deux surfaces cylindriques sont concaves, on obtient, en croisant les axes, la neutralisation de l'astigmatisme en même temps que l'action d'une lentille sphérique négative.

De même que l'action d'une lentille cylindrique peut être corrigée par une seconde lentille pareille, ainsi l'astigmatisme régulier peut être corrigé par une lentille cylindrique. Pour bien se représenter cette correction, que l'on fasse avec son propre œil les expériences qui le démontrent. Une lentille cylindrique d'environ -^ rend astigmatique, et donne lieu à des troubles visuels particuliers, déjà décrits précédemment. Une seconde lentille cylindrique de — -^ d'axe parallèle neutralise tout à faitl'action delà première, de telle sorte que l'on s'aperçoit à peine de la présence des verres devant l'œil. Si, par contre, la seconde lentille cylindrique est également positive de ^, comme la première, alors, lorsque les axes sont perpendiculaires l'un sur l'autre, l'astigmatisme est neutralisé, mais l'œil est devenu myope à un degré tel, que le point le plus éloigné de la vision distincte, pour un œil auparavant emmétrope, se trouve (sans tenir compte de la distance qui sépare le verre de l'œil) à 1 0 pouces (M = -~) .

Les verres nécessaires pour corriger les divers degrés d'astigmatisme peuvent être ramenés à trois types principaux :

I. Verres ctjlindriques simples (fig. 13). — De même que les verres spbériques, ceux-ci ont, ou bien une distance focale positive (A, B, C), ou une négative (D, E, F); nous appelons simplement les premiers positifs , les seconds négatif s. Lorsque les deux surfaces sont cylindriques, leurs axes sont parallèles. Pour donner une idée exacte de leur forme, ils sont représentés aussi bien sur une coupe perpendiculaire à l'axe (fig. 13,1) que sur une coupe menée par l'axe (Qg. 13, II): a désigne la surface antérieure;/?, la postérieure.

A. Parmi les positifs, nous avons :

' 1° Les biconvexes (fig. 13, A);

2° Les plan-convexes (B);

3° Les concaves-convexes, ou ménisques positifs (C).

B. Parmi les négatifs :

1° Les biconcaves (D);

2° Les plan-concaves (E)-,

3° Les convexes-concaves , ou ménisques négatifs (F). Quant à la bonté des verres, les mêmes règles s'appliquent aux cylindriques et aux spbériques : les plan-convexes et les plan-concaves donnent la plus forte aberration ; les biconvexes (pourvu qu'ils ne soient pas trop forts) et les biconcaves sont en général très bons; les ménisques ont l'avantage d'être périscopiques.

Quant aux verres cylindriques simples, il nous faut leâ avoir depuis -^c k-^ c, q[ depuis — 50 ^ à — -g- c, c'està-dire, de 50 à 5 pouces de Paris de distance focale tant positive que négative. Il est à peine besoin d'ajouter que

78 L^ASTIGMATISME.

cette distance focale existe seulement dans le plan perpendiculaire à l'axe de la courbure cylindrique, tandis que

FiG. 13.

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