‹ La syphilis du cerveauChapitre 10 sur 151 · LÉSIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

LÉSIONS CÉRÉBRALES

ques observateurs, avait pris, au niveau des parties affectées, la consistance du foie (1). » On dirait là, passez-moi le mot, une sorte d'hépatisation cérébrale.

De plus, cette infiltration ne se produit pas sans modifier plus ou moins la coloration des parties. Elle leur imprime généralement une teinte plus foncée qu’à l'état normal, variant du gris sale au gris jaunâtre ou ambré, voire rougeûtre.

L'encéphalite hyperplasique ou scléreuse est généralement mal limitée, diffuse.

Presque toujours aussi elle est partielle, circonscrite par exemple à une circonvolution. Quelquefois cependant elle diffuse sur une étendue plus considérable. Aïnsi M. Zambaco l’a vue dans un cas affecter toute la région avoisinant la scissure de Sylvius.

En d’autres cas, elle se présente sous forme de petits noyaux multiples, disséminés sur des parties diverses du cerveau. Telle est une observation remarquable, due à MM. Charcot et Gombault (2), dans laquelle on trouva de nombreuses plaques de sclérose éparses sur plusieurs points de l’encéphale, à savoir : sur la protubérance (où il en existait même deux ou trois), sur les pédoncules

(1) V. Obs. de Nic. Mediavia (ir Recherches anatomiques sur le siége et les causes des maladies, par Morgagni, traduites par Destouet, neuvième lettre, art, 23): «Au-dessous de cette membrane, qui tenait lieu des deux méninges, était la substance corticale du cerveau qui était plus dure que dans l’état naturel, puisqu'elle ne l'était pas moins que le tissu du foie, etc.»

De même, M, Virchow a dit «.… Il arrive parfois que des circonvolutions entières et des parties isolées du cerveau se transforment en un tissu calleux, gris ou d'un gris blanchâtre, ete. »

(2) Note sur un cas de lésions disséminées des centres nerveux, observées chez une femme syphilitique. (Archives de physiologie normale et pathologique, publiées par MM. Brown-Séquard, Charcot et Vulpian. T. V, 1873, p. 143.)

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cérébraux, sur les bandelettes optiques, sur le faisceau latéral de l’isthme, sur le plancher du quatrième ventricule, ete. « Situées au-dessous de la pie-mère, ces plaques ne pénétraient qu'à une faible profondeur dans la substance nerveuse. Elles étaient d’un gris rouge à leur périphérie et jaunâtres à leur centre. Elles se distinguaient en outre du tissu voisin par une dureté un peu plus grande. Toutes étaient de dimensions petites, la plus considérable ne dépassant pas la largeur d’une pièce de cinquante centimes, ete. » L'examen histologique démontra que ces plaques devaient leur consistance et leur aspect à la présence d’un très-grand nombre de cellules rameuses de la névroglie. Il s'agissait donc bien là, vous le voyez, d’un processus hyperplasique développé. dans l'éléhent cellulaire du tissu cérébral.

Il en était de mème dans un cas des plus curieux récemment présenté à la Société anatomique par M. Bar-| thélemy (1). Une jeune femme affectée d’une syphilis grave est prise d'accidents cérébraux : céphalée, hébétude, somnolence, accablement, troubles sensoriels, vertiges; puis subdelirium, agitation, vomissements, surdité, stupeur, ete. Ces phénomènes s'aggravent; survient une hémiplégie gauche, bientôt suivie d’une paralysie du bras droit, et la malade succombe dans le coma. A l’autopsie, on constate toute une série de petits foyers d’encéphalite disséminés dans la région antérieure du cerveau, ne dépassant pasle volume d’une lentille, grisâtres, et se différenciant du tissu périphérique par une diminution de consistance très-accentuée (2).

(1) V. Progrès médical, 21 juillet 1877, p. 570.

(2) Détail qui peut avoir son intérêt : dans le cas de M. Barthélemy, . les foyers sus-indiqués d’encéphalite étaient excavés à leur centre et

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