‹ La syphilis du cerveauChapitre 9 sur 151 · D0 LÉSIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

D0 LÉSIONS CÉRÉBRALES

Rôle et importance de ces lésions secondaires dans la syphilis cérébrale. — On meurt rarement de la syphilis cérébrale par le fait exclusif de lésions syphilitiques; on en meurt presque toujours par le fait de lésions vulgaires, symptomatiques de lésions spécifiques.

Résumé. — Comment les données anatomo-pathologiques précédentes expliquent nombre de particularités cliniques afférentes à la syphilis cérébrale,

Messieurs,

Nous connaissons déjà par ce qui précède les lésions syphilitiques des méninges et des vaisseaux de l’encéphale. Îl nous reste aujourd’hui à passer en revue les différentes formes morbides que peut affecter la syphilis cérébrale, alors qu’elle s'attaque au parenchyme nerveux proprement dit. Ce nouveau chapitre d'anatomie pathologique, comme vous pouvez le prévoir, sera assez étendu et assez complexe ; mais les détails dans lesquels nous sommes entrés au cours de notre dernière réunion nous faciliteront singulièrement notre tâche actuelle.

Et, en effet, les lésions syphilitiques du parenchyme cérébral ne sont autres, comme formes anatomiques, que celles dont nous avons reconnu l'existence dans les méninges et les vaisseaux, C'est dire que, comme ces derhières, elles consistent originairement en des Ayperplasies cellulaires, aboutissant dans une époque ultérieure à des productions d'ordre sc/éreux où gommeur.

Spécifions avec soin les traits anatomiques spéciaux à ces deux ordres d’altérations.

L. — Forme scléreuse. — Les lésions du premier ordre constituent l’encéphalite hyperplasique ou scléreuse. Cette encéphalite dérive, comme origine, d'une prolifération cellulaire plus ou moins abondante qui se dé-

ENCÉPHALITE SCLÉREUSE 51 pose au sein de la trame nerveuse. Plus tard, la néo-formation cellulaire se multipliant, se condensant, s'organisant, étreint, étouffe et atrophie les éléments du tissu nerveux. Finalement, elle aboutit de la sorte à constituer dans la masse cérébrale des noyaux d’encéphalite Yéritablement scléreuse. Disons le mot, elle a pour terme définitif une véritable sclérose cérébrale.

Cette infiltration, cette sorte d’apoplexie plastique, a nécessairement pour effet de communiquer au tissu nerveux une consistance insolite, plus ou moins ferme , plus ou moins dure, suivant l’abondance de la production cellulaire et son degré d’organisation. C'est là, sans parler d’autres attributs objectifs, un premier caractère qui la révèle tout aussitôt à l’observateur (1).

En certains cas, même, la consistance du tissu cérébral acquiert un degré de dureté qu'on à pu sans exagération comparer à celle du foie. « Le cerveau, ont écrit quel-

(4) Cette rénitence morbide de la substance cérébrale s’observe dans presque tous les cas où la maladie a duré un certain temps. Au contraire, lorsque la mort a été rapide (ce qui est beaucoup plus rare), les portions altérées de l’encéphale offrent ou peuvent offrir une diminution plus ow moins notable de consistance. Ainsi, dans le fait de M. Barthé: lemy, que je citerai plus loin, la malade succomba, dans l’espace de quelques semaines, à des accidents cérébraux, et l’on trouva à l’autopsie des noyaux d'encéphalite « beaucoup plus mous que les tissus ambiants et se déprimant à la coupe ».— J'ai observé, dans un cas semblable, le même état de ramollissement aigu de la substance cérébrale,

Cette diminution de consistance du tissu cérébral est-elle due à la multiplication rapide des éléments de la névroglie et au jeune âge de la for: mation morbide? J'incline à le penser. D'autant qu'il en est ainsi dans la première période de l’encéphalite chronique, avant l’atrophie scléreuse ultime. « Dans cette première période, disent MM. Cornil et Ran: vier (Manuel d'anatomie pathologique, p.625), la multiplication rapide des éléments de la névroglie donne au tissu cérébral une consistance molle, presque gélatineuse, analogue à celle de tous les tissus composés d'éléments embryonnaires. »

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