TERMINAISONS
chantement; les troubles d'intelligence s’effacent à lunisson ; l'hémiplégie mème guérit sans reliquats. Mais la névrite persiste, quoi qu'on fasse. Peu à peu, elle dégénère en atrophie, et le malheureux jeune homme reste définitivement aveugle des deux yeux. Aveugle à vingtcinq ans! Jugez la situation, jugez le désespoir du malade : « Si j'avais eu à choisir, m'a-t-il répété cent fois, certes j'aurais choisi la mort de préférence à l’état où je me trouve aujourd'hui ».
Inutile d'ajouter que, dans l’ordre de cas qui nous occupe actuellement, la survie est illimitée, indéfinie. Et comment pourrait-il en être autrement, puisqu'aucune des fonctions indispensables à l'existence animale ne se trouve compromise ? Donc, avec telle ou telle des infirmités graves et persistantes dont il vient d’être question, le malade continue à vivre, comme si de rien n'était. C'est ainsi que le malheureux jeune homme dont je vous parlais en dernier lieu jouit depuis huit ans d'une santé parfaite. De même, un des malades dont je vous: ai entretenus précédemment a vécu, ou, pour mieux dire, s’est survécu dix ans dans un état de démence presque complète. De même encore le D'° Russell a relaté l'observation d’un malade qui, devenu hébété, imbécile, par le fait d’une syphilis cérébrale, reste dans cette lamentable situation depuis trente-cinq ans (1)! Etc, etc.
Mais, dans de telles conditions, la survie ne constitue-t-elle pas plus d’une fois uneaggravation véritable au pronostic de la maladie ?
(1) The Medical Times, 1873. Vol IT, p. 464.