‹ La syphilis du cerveauChapitre 115 sur 151 · GUÉRISON AVEC RELIQUATS · texte numérisé non relu

GUÉRISON AVEC RELIQUATS

HT. — Venons maintenant à des terminaisons d’un genre tout différent.

Les cas de quérison avec reliquats (j'entends avec troubles morbides ne lésant qu'incomplétement telle ou telle fonction) sont à coup sûr très-nombreux dans la syphilis cérébrale, soit abandonnée à son évolution propre, soit même attaquée par la médication la plus rationnelle et la plus énergique.

C’est ainsi qu’on rencontre d’une façon assez commune, en pratique spéciale, des malades qui, sortis heureusement d’une syphilis cérébrale, en ont conservé cependant à l’état définitif tels ou tels des troubles suivants :

Acuité moindre de l'intelligence, quireste néanmoins à un niveau compatible avec les exigences de la vie commune ; — diminution de la puissance de travail; — débilité de la mémoire, etc. (1);

Faiblesse légère ou maladresse des membres d’un côté du corps;

. Faiblesse légère ou maladresse d’un membre ;

Restes d’asymétrie faciale, avec distorsion plus accusée dans le rire, dans les grands mouvements du visage ;

Embarras léger de prononciation ;

Strabisme plus ou moins accentué, avec diplopie dans certaines directions du regard; — mydriase; —

(1) Je puis citer à ce propos le fait d'un jeune homme qui, affecté d'une syphilis cérébrale, en guérit complétement et à tous égards, sauf en ce qui concerne la mémoire. Son intelligence a repris son niveau antérieur; mais sa mémoire est restée et reste encore aujourd’hui notablement débile. — Quoi de plus curieux que la persistauce d'un trouble de ce genre, et d’un trouble isolé de la sorte au milieu des autres facultés de l’intellect rétablies, régénérées ?

570 TERMINAISONS ptosis léger, avec diminution du mouvement d'élévation du globe oculaire ;

Troubles oculaires variables, et surtout diminution de l’acuité visuelle ;

Bourdonnements habituels ; atteinte portée à la finesse de l’ouïe, voire certain degré de cophose unilatérale.

Etc., etc.

Quelque regrettables que soient ces troubles divers, ils ne constituent pas moins un mode de terminaison heureuse de la maladie. Car, somme toute, ils n’apportent qu’une simple gène à l'exercice de telle ou telle fonction; et c’est un bonheur, assurément, d'en être quitte mème à ce prix avec une maladie aussi redoutable, aussi féconde en dénouements d’un tout autre genre.

IV. — Enfin un dernier mode de terminaison est la guérison vraie, la guérison complète, absolue.

Ce mode n’est pas rare, comme l’établiront les chifîres qui vont suivre. Il est même, dirai-je en toute assurance, beaucoup plus commun qu’on ne le croit en général et qu'on ne peut le formuler numériquement. Et, en effet, comme je vous le faisais remarquer déjà dans notre dernière réunion, nombre d'états morbides qui, s'ils n'étaient réprimés ab ovo par le traitement spécifique, aboutiraient à des syphilis cérébrales des mieux constituées, des plus patentes, n'y aboutissent pas pour celte seule raison que le traitement en fait promptement justice et les éfeint en germe, si je puis ainsi parler. Bien des fois, sans contradiction possible, nous guérissons à l’état naissant des syphilis cérébrales que nous n'avons pas le droit de qualifier encore de ce nom, d'enregistrer sous ce titre dans une statistique.

Page 1