‹ La syphilis du cerveauChapitre 116 sur 151 · GUÉRISON · texte numérisé non relu

GUÉRISON

Mais laissons ce point, sur lequel d’ailleurs nous au-

rons à revenir dans un instant, et ne parlons ici que des cas où la syphilis cérébrale se présente à nous cliniquement avec des caractères bien accentués, nettement et formellement accusateurs. Eh bien! mème dans ces cas, la guérison, la guérison vraie, est possible. C’est là ce qui ressort de quantité d'observations contenues dans la science et ce dont je vous ai déjà donné maintes et maintes preuves chemin faisant.

Seulement, etcela va sans dire, cette guérison n’est pas également possible et facile pour tous les cas.

Elle est possible, fréquente même, dans les conditions suivantes : si le traitement spécifique (et j'entends ie1 un traitement véritable, proportionné comme intensité d’action à l'intensité des symptômes qu'il s’agitde combattre), si, dis-je, le traitement spécifique est appelé à intervenir dès le début même ou à une époque rapprochée du début des accidents ; — si l’on a affaire à des formes morbides encore légères, superficielles, surtout à des formes d’excitation cérébrale et non de dépression ; — si l’on a affaire à tel ou tel symptôme isolé, et non à un ensemble déjà constitué de manifestations diverses, témoignant de la pluralité ou de la diffusion des lésions encéphaliques, etc.

Au contraire, la guérison devient bien plus incertaine, bien plus problématique dans des conditions, sinon encore opposées, au moins quelque peu différentes, comme par exemple : si la maladie date déjà d’un certain temps, pendant lequel elle a été abandonnée à son impulsion propre ; — si des phénomènes de dépression ont succédé aux phénomènes d’excitation initiale; — si des symp-

572 TERMINAISONS tümes multiples et divers, intéressant la motilité, lintellect, les sens, marchent déjà de compagnie, ete.

À plus forte raison, un dénouement heureux n'est-il plus à attendre, alors que le traitement doit avoir à lutter — et cela d’une facon tardive — contre un ensemble de manifestations redoutables attestant des lésions cérébrales confirmées ; — alors que déjà des lésions vulgaires, consécutives, se sont probablement surajoutées aux lésions spécifiques originelles et peuvent survivre à ces dernières; — alors surtout que des symptômes de désorganisation se sont produits, etc. Dans ces conditions, la partie est perdue, de toute évidence. Ou bien le malade succombera, ou bien il n’échappera à la mort qu'avec des infirmités incurables, définitives.

V. — Et cependant, Messieurs, il estun fait à ne pas oublier et que je suis heureux d'ajouter en terminant : c'est que, même dans les cas en apparence les plus graves, même dans les cas qu’on serait autorisé à considérer comme désespérés, la guérison n'est pas impossible, rigoureusement et nécessairement impossible. Des résultats inattendus, surprenants, extraordinaires, ont parfois suivi l'intervention du traitement spécifique. Quelques-uns même dépasseraient toute créance, si leur authenticité n'avait pour garants des médecins aussi dignes de foi que rigoureux observateurs.

Que dire par exemple du cas précité de B. Bell, relatif à cette femme qui, affectée depuis vingt-sept mois d’une « folie intraitable », guérit en quelques semaines sous l'influence du mercure (1) ?

(AL) VeDAMe

Page 1