‹ La syphilis du cerveauChapitre 12 sur 151 · LÉSIONS COMMUNES · texte numérisé non relu

LÉSIONS COMMUNES

quelquefois encore il s'y joint un peu d'œdème périphérique ou de suffusion séreuse, qui s’épanche dans les ventricules ou les espaces sous-arachnoïdiens.

Telle est la règle. Mais, après la règle, constatons l'exception. Il ne faudrait pas méconnaître en effet qu'en certains cas, assurément très-rares, ces phénomènes inflammatoires secondaires, symptomatiques, sont susceptibles de revêtir une forme très-différente. Is peuvent ôtre à la fois bien plus intenses et bien plus rapides comme évolution. D'où 1l suit, comme conséquence naturelie, qu'ils sont alors bien plus menacçants.

Ainsi l'on possède aujourd'hui quelques observations dans lesquelles on a vu des gommes cérébrales ou méningées déterminer autour d'elles, par réaction de voisinage, des accidents aigus, voire suraigus, d'encéphaloméningite. La chose estrare assurément, mais non moins authentique, Un fait de ce genre, dû à M. le docteur Gamel, mérite d'être cité comme exemple. Le voier en quelques mots :

Un malade de 40 ans, syphilitique, est pris tout à coup de symptômes d’encéphalo-méningite : céphalée violente, injection des veux, larmoiement, chaleur vive de la peau, pouls plein et lent, agitation, hébétude, mouvements convulsifs des membres supérieurs et des globes oculaires, contraction des pupilles ; puis, bientôt, coma profond, anesthésie, paralysie musculaire générale,

stertor, ete. Fsuccombe à ces accidents le neuvième jour. — À l'autopsie, on découvre, comme lésion principale, une gomme volumineuse, de la dimension d'une noix, occupant la corne frontale du ventricule droit, et se propageant latéralement jusqu'à la pie-mère par envahisse-

ment et destruction de la substance nerveuse; — puis, en

FORME ISCHÉMIQUE 67 outre, au voisinage de cette gomme, lésion évidemment ancienne, {ous signes d'une méningite récente et suraiguë, à savoir : inflammation violente de la pie-mère. devenue rugueuse, opaque et adhérente au’ cerveau; épanchement sanguin dans la cavité de l’arachnoïde ; quelques gouttelettes de pus le long de la scissure de Sylvius, ete. (1).

Nul doute, en conséquence, que cette méningite n'ait eu sa cause déterminante et son point de départ dans la gomme cérébrale, jouant ie le rôle d’épine inflammatoire par rapport aux méninges. Et nul doute, d'autre part, que cette phlegmasie secondaire, deutéropathique, n'ait été la raison des accidents suraigus qui emportèrent le malade aussi rapidement.

De tels faits, Messieurs, je vous le répète encore, sont exceptionnels. [ls ne méritent pas moins cependant d'être connus.

LE — Non moins importantes sont les lésions secoii- daires de forme ischémique.

Celles-ci se produisent dans le cerveau sous l'influence d'états anatomiques déjà étudiés précédemment, à sa- VO |

Le Soit la sclérose méningée, ayant pour effet d'étouffer ou d’atrophier les petits vaisseaux qui, nés de la piemere, se portent dans les circonvolutions cérébrales ;

2° Soit l’obstruction, la thrombose, et l'oblitération des artères du cerveau.

Que par un mécanisme ou par un autre la circula-

LA

(1) Thèse citée, obs. IT, p. 71. — Voir aussi : BenTranD, Des lésions des méninges cérébrales sous l'influence de la syphilis (Thèse de Paris, 1874) ; — J.-M. Maruras, Un Cas de syphilis tertiaire (Thèse de Strasbourg, 1865).

68 LÉSIONS COMMUNES tion vienne à être diminuée ou suspendue dans un département cérébral, de là résultent, comme conséquences fatales, des lésions de dénutrition, de morüfication, de nécrobiose dans le parenchyme nerveux, lésions qui se traduisent, comme dernier terme, par ce qu'on appelle le RAMOLLISSEMENT.

Ramollissement de la pulpe cérébrale, telle est, Messieurs, la lésion par excellence que révèlent la plupart des autopsies ; telle est la lésion qui se rencontre le plus usuellement et à laquelle aboutissent, comme terminaison commune, presque tous les processus anatomiques que nous venons de passer en revue. Ramollissement cérébral, voilà, à coup sûr, la complication secondaire qui se surajoute le plussouventaux accidents propres de la syphilis encéphalique.

Cette désorganisation ultime de la substance nerveuse se présente ici sous des formes anatomiques diverses, à SAVOIT :

Soit la forme dite aiguë, qu'on qualifiait autrefois du nom de ramollissement rouge ;

Soit la forme chronique, dite aujourd'hui ramollissementischémique, et Vraiment trop connue, trop banale, pour que j'aie à vous la décrire.

De ces deux formes, la première est rare, presque exceptionnelle. La seconde, au contraire, est extrèmement commune.

Le ramollissement qui vient ainsi compliquer les lésions propres de la syphilis cérébrale est très-variable comme étendue. Parfois il affecte tout un département du cerveau. Plus souventil diffuse en surface, alors surtout que, symptomatique d'une sclérose méningée, il intéresse la substance grise. Mais, pour la plupart des cas, il reste

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