RAMOLLISSEMENT
circonserit, en relation de siége avec les lésions vasculaires ou méningées dont il dérive{{). Enfin, en certains cas, 1l est distribué par plaques isolées, par îlots épars, disséminés, ne dépassant guère les proportions d'une lentille ou d’une amande.
Telles sont, Messieurs, d'une facon sommaire, Îles principales lésions secondaires qui peuvent succéder aux altérations primitives, directes, de la syphilis cérébrale (2).
(1) Exemple, un cas typique que j'emprunterai à M. Brouardel. A l’autopsie d’un sujet mort de syphilis cérébrale, cet observateur distin. gué trouva, entre autres lésions, un ramollissement du volume d’une noisette dans le centre même d'une circonvolution. Or l'artériole qui correspondait à cette circonvolution « était absolument et totalement oblitérée par une endartérite très-nelte, avec caillot ».
(2) Ai-je besoin d'ajouter qu’à ces lésions principales, habituelles, il peut s’en joindre d’autres d'importance ou de fréquence moindre, en relation avec les circonstances spéciales du cas particulier? Cela va de soi, Il est évident, cn effet, que telle ou telle condition inhérente à l’affeclion primitive peut exciter des altérations secondaires variées. Comme exemple, il me suffira de citer un fait que j'ai eu l’occasion d'observer récemment avec mon collègue et ami le docteur Brouardel. Une gomme cérébrale, située de façon à comprimer les veines de Galien, . avait déterminé, par le fait même de cette compression, un épanchement énorme dans les ventricules latéraux, épanchement qui, bien entendu, n'avait pu se produire que par un refoulement proportionnel des parois ventriculaires. Qu’était-ce que cette Aydrocéphalie, sinon un incident de localisation dû au siége particulier de la gomme près de veines importantes?
Et ainsi d’autres lésions secondaires de divers genres, que des incidents analogues sont susceptibles de développer.
Remarquons seulement que ces lésions secondaires peuvent, en certaines conditions, primer, par importance anatomique et clinique, les lésions originelles dont elles dérivent. Tel était le cas précisément sur le malade de M. Brouardel. A coup sûr, l'énorme hydropisie ventriculaire dont je viens de parler constituait, anatomiquement, une lésion bien autrement majeure que la petite gomme dont elle procédait. Et cliniquement, comme conséquence naturelle, les symptômes offerts par le malade traduisaient bien plutôt l’hy drocéphalie que la tumeur cérébrale,
Il serait superflu, je pense, d'insister davantage sur cet ordre de considérations, qu'il suffira de signaler.