INFLUENCE DU TRAITEMENT
mise à un demi-traitement (passez-moi l'expression), ce qui équivaut presque en l'espèce à l'absence de tout traitement.
Au contraire, voyez ce qui advient ou ce qui peut advenir, alors que la maladie est attaquée à temps par un traitement énergique. La statistique précédente va encore nous fournir les éléments de ce parallèle. Je lui emprunte — presque au hasard — les quelques exemples suivants. |
Un jeune docteur, anciennement syphilitique, est pris de crises épileptiques, après quelques préludes de céphalée nocturne. — Traitement intense dès le début. — Suspension immédiate des crises, et guérison absolue, confirmée aujourd’hui par sept ans de santé complète (1).
Autre forme : Céphalée ; — accès d’aphasie complète, avec ébauche d'hémiplégie droite. — Traitement immédiat par frictions mercurielles et iodure de potassium à fortes doses, Guérison depuis six ans.
Autre forme : Céphalée atroce, coïncidant avec une poussée intense de syphilides ulcéreuses ; hémiplégie. — Traitement immédiat, énergique, et longtemps pour- Suivi, — Guérison.
Autre forme encore : Maux de tète violents, bourdonnements d'oreilles, étourdissements, vertiges ; faiblesse générale ; subdelirium, hallucinations passagères ; polydipsie, polyvurie, ete. — Traitement intense (iodure et frictions) dès les premiers temps de la maladie; guérison complète, datant de cinq ans.
(1) Je possède dans mes notes cinq autres cas exactement identiques.
Etainsi de tantet tant d’autres cas que je pourrais citer, tendant tous à démontrer l'influence salutaire et souvent curative du traitement spécifique, alors que ce traitement est opposé de bonne heure à la maladie et avec une énergie proportionnelle à l’imminence du péril qu'il s'agit de conjurer.
Donc, vous le voyez, Messieurs, l'intervention de l'art est une condition majeure en l'espèce, susceptible de modifier du tout au tout le pronostic des accidents. C’est là, quant à moi, ce dont m’a pleinement convaincu une expérience déjà longue, et telle est la conviction que j'ai à cœur de laisser dans vos esprits.
Je ne voudrais pas assombrir encore le chapitre qui précède. Et cependant un point me reste à ajouter qui n'est malheureusement fait que pour aggraver encore le pronostic de la maladie.
Ce point est relatif à la réquence excessive des recrudescences et des récidives dans la syphilis cérébrale.
I. — Les recrudescences, d'abord, sont des plus communes. Sur nombre de malades, vous observerez ce qui suit : une syphilis cérébrale s’est produite ; attaquée vivement par le traitement spécifique, elle s’est amendée tout d'abord : les symptômes morbides se sont atténués et marchent vers une disparition prochaine ; tout semble aller à souhait, et l’on est presque en droit déjà de compter sur une guérison, lorsque tout à coup les choses changent de face. Ou bien survient un incident nouveau qui s'ajoute à la scène morbide ; ou bien les symptômes