‹ La syphilis du cerveauChapitre 123 sur 151 · VINGT-DEUXIÈME LECON · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME LECON

[.— Le traitement de la syphilis du cerveau n’est autre que Île traitement de la diathèse syphilitique, en général; mais il réclame un mode d'administration spéciale et une direction particulière. — Conditions essentielles auxquelles il doit satisfaire.

II. — Premier point: il faut que le traitement spécifique soit institué le plus tôt possible, le plus près possible de l’origine des accidents.

IT. — Second point : il faut que ce traitement soit /e plus énergique possible. — Indication du traitement mixte. — L'urgence du péril à conjurer nécessite l'emploi combiné du mercure et de l’iodure.— Comment administrer ces deux remèdes et à quelles doses? — Procédés divers. — Prétendue intolérance de certains malades pour l’iodure. — Faut-il administrer le mercure par l'estomac ou par la peau? — Discussion. — Préférence à donner aux frictions. — Quelordre de raisons légitime cette préférence ? — Question du dosage. — Doses nécessaires d’iodure. — Doses nécessaires de mercure. — Choix de la préparation mercurielle à administrer. — Ohjections à la méthode de mercurialisation intense. — Danger incontestable de la stomatite. — Mais urgence d’ane médication suffisamment active pour être efficace. — Résumé. — Quel ensemble thérapeutique offre, en l'espèce, le plus de chances de succès ?

JV. — Troisième point : il faut que le traitement soit prolongé pendant toute la durée des manifestations cérébrales, et cela de facon à conserver, malgré l’accoutumance, son intensité d'action première. — La durée du traitement n'a pour mesure que le de-

gré même de résistance de la maladie. — Effets inévitables de l’accoutumance dans les traitements longuement prolongés. — Comment y obvier ici ? — Du TRAITEMENT ALTERNE, — Exposé de cette méthode. — Ses avantages.

V. — Quatrième point : il faut que le traitement soit poursuivi longtemps après la disparition des accidents, au delà de ce qu'on peut

appeler la guérison actuelle. — Danger des récidives rendant indispensable la reprise répétée du traitement dans les années ultérieures.

VI. — Médications auxiliaires. — Comment et à quel titre des médi-

cations d'ordre vulgaire peuvent trouver place utilement dans le traitement de la syphilis cérébrale. — Hydrothérapie. — Elle est particulièrement active dans la forme épileptique. — Médication calmante : bromure de potassium ; injections sous-cutanées de mor phine, etc. --Purgatifs. — Révulsifs cutanés. — Du vésicatoire crânien contre la céphalée rebelle. — Émissions sanguines. — Électricité. — Traitement de l'état général.

VIT. — Indication urgente de prémunir les malades contre les dangers ultérieurs de récidive. — Nécessité d’une longue convalescence d’un ordre spécial. — Hygiène prophylactique.

Messieurs,

Après vous avoir longtemps arrêtés, dans les conférences qui précèdent, sur les symptômes, l'évolution, le diagnostic et le pronostic de la syphilis cérébrale, un seul point me reste à aborder actuellement pour remplir le cadre que je me suis imposé; et ce point est relatif au traitement de la maladie.

C’est donc le traitement de la syphilis cérébrale qui va nous occuper dans notre réunion d'aujourd'hui.

Le traitement de la syphilis cérébrale n’est et ne saurait être autre, bien évidemment, que celut de la

diathèse en général. Il repose essentiellement sur l’emploi des deux grands remèdes qu'à juste raison on considère comme les « agents antisyphilitiques » par excellence, à savoir le mercure et l’iodure de potassium.

Seulement, la médication dite spécilique réclame ici un mode d'administration spécial et une direction particulière, vu l'importance et la gravité des symptômes à combattre, vu la nécessité d’une intervention énergique, à la fois intense et rapide comme résultats.

En l’espèce, pour répondre à ce qu'on lui demande, pour être véritablement curatif, le traitement exige une série de conditions diverses qu'il importe au plus haut degré de préciser bien nettement. Ces conditions, je vais essayer de vous les formuler comme je les comprends, comme j'ai appris à les connaître par expérience.

Pour la facilité d'une exposition dogmatique, je les grouperai sous quatre chefs, de la facon suivante :

4° [1 faut que le traitement dirigé contre des accidents cérébraux d’origine syphilitique soit institué le plus tôt possible ;

2° Il faut que ce traitement soit, comme action médicamenteuse, le plus énergique possible ;

3° Il faut qu'il soit prolongé pendant toute la durée des manifestations cérébrales; et cela de facon à lui conserver, malgré l'accoutumance, son intensité d'action ortqinelle ;

4° I faut qu'il soit poursuivi longtemps encore après la disparition des accidents, au delà de ce qu’on peut appeler la guérison actuelle de la maladie.

Les quatre points de ce programme réclament de notre part une attention particulière.

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