INTERVENTION HATIVE
Premier point : Le traitement spécifique doit ètre anstitué le plus tôt possible, c'est-à-dire à l'époque le plus rapprochée possible du début mème de l'invasion de la syphilis dans le cerveau.
Nulle contradiction sur ce premier point. De l’aveu de tous, de par l'expérience commune, journalière, il est incontestable que la syphilis cérébrale guérit d’autant plus facilement, d'autant mieux, d'autant plus sûrement, qu'elle est combattue plus tôt, dans une période plus jeune de son évolution.
J’accorde qu'il est des cas où, même attaquée dès son origine, la maladie se montre rebelle et réfractaire à tous remèdes. «Il est des cas, comme l’a fort bien dit M. Zambaco (1), où les affections syphilitiques du système nerveux poursuivent leur marche d’une façon fatale, malgré le traitement le plus régulier et le plus rationnellement institué dès le début dela diathèse. » Mais ce ne sont là que des exceptions, des exceptions rares, qui n'infirment pas la règle ; et cette règle, qui subsiste intacte, peut se formuler de la façon suivante :
1° Naissante ou jeune encore, la syphilis cérébrale cède assez aisément, sinon toujours, au moins dans la plupart des cas, à l’action du traitement spécifique ;
2° Plus âgée, elle se montre déjà bien autrement rebelle ;
3° Vicillie, compliquée, s’attestant par des symptômes qui révèlent d'une facon non douteuse des désorga-
(1) Ouvrage cité, page 562.
600 TRAITEMENT nisations cérébrales en voie de s’accomplir ou à fortiori déjà accomplies, elle reste au-dessus de toutes les ressources de l'art.
Donc, comme conséquence pratique, indication urgente d'attaquer la syphilis cérébrale dès son début, à l’époque le plus rapprochée possible de son origine.
Mais, dira-t-on, ilne dépend pas toujours du médecin d'intervenir en temps opportun. — Sans doute. Mais cela dépend de lui en nombre de cas. Car c’est affaire à lui de connaître les prodromes de la syphilis cérébrale et de la dépister à son début. C’est affaire à lui de savoir ce que présagent ces nombreux phénomènes que je me suis attaché à vous décrire comme avant-coureurs des accidents confirmés de la maladie, ce que présage, par exemple, cette céphalée si spéciale à laquelle nous avons donné le nom de prémonitoire, ce que présagent ces vertiges, ces troubles congestifs divers, ces douleurs névralgiformes des membres, ces parésies transitoires, ces accès épileptiques à modalité partielle et consciente, ces troubles intellectuels variés, etc., qui préludent si fréquemment aux grandes scènes de l’encéphalopathie spécifique. Consultez, Messieurs, les observations déjà contenues dans la science relativement au sujet qui nous occupe actuellement, et vous serez surpris d'en rencontrer un nombre considérable dans lesquelles de tels phénomènes précurseurs, pour une ralsOn OU pour une autre, sont restés méconnus; vous serez surpris d'en rencontrer un nombre considérable dans lesquelles on a longtemps hésité au début, tâtonné, tergiversé, avant de se résoudre à admettre la vérole comme origine des accidents ; dans lesquelles, en conséquence, on n'a com-