‹ La syphilis du cerveauChapitre 126 sur 151 · ER · texte numérisé non relu

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-__ Second point : Il faut que le traitement soit, comme action médicamenteuse, le plus énergique possible.

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Proportionner l'intensité du traitement au caractère grave et menaçant de la maladie, telle se présente la seconde indication à remplir.

Sachez-le bien, en effet, Messieurs, le traitement ne peut être efficace 1c1 que s'il est énergiquement répressif. Tout est là, et de l'observation de ce précepte dépend le salut des malades.

Ce qu'il faut en pareille occurrence, sous peine de rester impuissant, c’est frapper fort. Ce qu'il faut, c'est, tout d'abord, frapper un grand coup, pour surprendre l'ennemi en quelque sorte et couper court à l'invasion de phénomènes menacants ; — c’est, en second lieu, soutenir l'intensité originelle des effets thérapeutiques par une direction particulière du traitement. Mais laissons de côté pour l'instant ce dernier point, sur lequel nous aurons bientôt à revenir dans un paragraphe ultérieur, et ne parlons quant à présent que du traitement initial.

Ce traitement, je n’exagère rien en disant qu'il doit être spécial, spécial comme intensité. Et je suis d’accord en cela avec tous les médecins qui ont l'expérience des situations de ce genre. Écoutez par exemple M. Charcot : « On ne réussit en pareil cas qu’en procédant par une attaque de vive force, et en maintenant au delà la médication dans toute sa rigueur. » C'est exactement ce que vous m'avez entendu vous répéter ici bien souvent. Que de fois vous ai-je préconisé certaine méthode qu'en style familier je dénommais de « traitement d'assaut » ! S1 bien que, mème sur les termes, je semblerais m'être entendu avec l’éminent professeur que je viens de citer.

Et, en effet, dans les cas dont il s’agit, faire peu ou

faire au-dessous de la mesure nécessaire, c'est presque ne rien faire. Si l’on se contente du mode de traitement habituel, si l’on met en œuvre une médication douce, bénigne, non susceptible d’offenser les gencives ou d'exciter quelque trouble physiologique, tenez pour certain qu'on n’obtiendra aucun résultat sérieux. Autant vaudrait presque se résigner à l’expectation pure et simple.

J'insiste et je dis : Si l’on s’en tient au traitement usuel, banal, à celui qu'on prescrit d'ordinaire à un malade affecté d’un chancre ou d’une roséole, si l’on se borne à formuler les cinq centigrammes traditionnels de protoiodure, ou bien une cuillerée de liqueur de Van Swieten, ou bien encore un, deux grammes d'iodure, soyez absolument assurés, Messieurs, qu'on court au-devant d'un insuccès fatal, nécessaire, certain.

Mais sortons des préceptes généraux, et précisons ; car nous sommes ici sur le véritable terrain de la pratique, et ce sont des indications nettes, catégoriques, que vous attendez de moi, je ne dois pas l'oublier.

Quel doit donc être le traitement à mettre en œuvre ici? Ou, du moins, quel est celui auquel je crois pouvoir vous conseiller de donner la préférence? C'est là ce que Je vais m'efforcer de spécifier.

I. — D'abord, la nécessité d'agir avec une énergie spéciale implique, en l'espèce, l'association, la combinaison de nos deux grands remèdes antisyphilitiques, le mercure ct l'iodure.

Nous avons affaire à forte partie, inutile de vous le répéter encore. Donc, le bon sens commande que nous nous armions de toutes nos ressources; et ce n’est que

prudence, en pareil cas, d'appeler à notre aide le concours des deux agents antidiathésiques dont nous disposons.

Sans doute l’un ou l’autre, employé seul, aurait chance de pouvoir suffire. Et nous ne serions pas embarrassés pour trouver de nombreuses observations où soit le mercure, soit l’iodure prescrit isolément a fourni d'excellents résultats. Mais l’un de ces remèdes n'exclut pas l’autre, tant s’en faut. Bien au contraire, l’action propre de chacun peut s’ajouter à l’action propre de son congénère. D'autre part, l’un ou l’autre, livré à ses propres forces, risquerait de rester insuffisant, cela s’est vu. Il pourrait y avoir inconvénient à désunir ces deux remèdes, et il n’est aucune contre-indication à les employer concurremment; l'expérience apprend même qu'il y a le plus souvent avantage à les combiner. La conclusion à tirer de là est plus que simple, vous le voyez. D’ailleurs l'influence bienfaisante de ce qu'on appelle le #atement mixte n'est plus à démontrer aujourd'hui, relativement à la plupart des manifestations tertiaires de la diathèse; et, en ce qui nous concerne actuellement, c’est à ce mode de traitement que nous devons le plus grand nombre des heureux résultats déjà consignés dans nos annales.

Donc, pas d'hésitation possible. Le danger est grand: faisons feu de toutes pièces, prescrivons simultanément le mercure et l’iodure.

IL. — Comment administrer ces deux remèdes, et à quelles doses?

Pour l’iodure, d'abord, nul embarras au point de vue du mode d'administration. On le prescrira par la bou-

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