‹ La syphilis du cerveauChapitre 127 sur 151 · IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

IODURE DE POTASSIUM

che, tout naturellement; et cela sous forme de potion, de solution, de sirop, peu importe.

Ce n’est qu'en certains cas tout à fait exceptionnels qu'on pourra être conduit par nécessité à administrer l'iodure d’une autre facon, c’est-à-dire par la voie rectale; et cela seulement alors que l'intolérance de l'estomac pour le remède aura été dûment démontré par plusieurs expériences consécutives.

A ce dernier propos, laissez-moi vous dire incidemment que l'intolérance de l'estomac pour l’iodure est un fait qu'on a beaucoup exagéré. J'ai entendu et j'entends fréquemment certains médecins parler de malades « qui ne peuvent arriver à tolérer l’iodure ». D’autre part, nombre de malades, dès qu'on leur prescrit l’iodure, se récrient aussitôt, se récusent comme « incapables de supporter la moindre dose de ce remède ». Tout cela me semble excessif. Car, pour avoir faitune bien longue expérience de ce médicament, après l'avoir administré des milliers de fois à toutes doses, j'en suis encore à chercher un seul cas d’intolérance absolue, véritable, telle que paraissent en avoir rencontré quelques-uns de mes confrères. Sans doute j'ai vu des malades être indisposés, incommodés par l’iodure, à des degrés divers; mais je n’en ai pas vu qui, après un certain temps, avec de certaines précautions, avec de certains arhfices d'administration (1), ne soient arrivés à le tolérer sans inconvé-

(1) Le meilleur procédé, je crois, pour faciliter la tolérance de l'iodure, c’est de l’administrer mélé aux aliments ou aux boissons. Tel malade qui ne supporte pas l'iodure à jeun le tolère facilement s’il le prend à ses repas, et, mieux encore, à diverses reprises dans le cours de ses repas. — Je le donne souvent en solution dans le vin, dans la bière. dans l’eau que le malade boit à table, voire dans le potage. — Je me suis bien trouvé aussi, en maintes occasions, de l’associer à une li-

nients ultérieurs. En un mot, j'ai bien trouvé des malades plus ou moins sensibles à l’iodure, mais je n’en ai pas trouvé qui lui soient absolument réfractaires.

Or, en l'espèce, alors que l’iodure est appelé à réaliser un résultat immense, que deviennent, comme objecüons à l'emploi du remède, les inconvénients légers, les incommodités, les petites souffrances même, dirai-je, qui peuvent en résnlter et qui d’ailleurs s’atténuent, disparaissent, à mesure que se produit l’accoutumance ?

D'autre part, une remarque se présente à signaler 1c1. C'est que de fortes doses d’iodure (telles que celles dont l'emploi est nécessaire dans le eas actuel) sont en général mieux tolérées que de faibles doses. J'ai observé ce fait trop souvent pour conserver le moindre doute à son sujet. Tel malade qui sera vivement indisposé par 25 ou 50 centigrammes du remède en supportera plus facilement 3 ou 4 grammes, toutau moins n’en sera pas plus fortement impressionné; et il s’habituera mieux à cette seconde dose qu'à la première. Explique le phénomène qui pourra ; si bizarre qu'il paraisse, il n’est pas moins certain.

Donc, en résumé : saufexceptions extrèmement rares, cest par la voie gastrique que liodure devra toujours ètre prescrit.

Ce qui n’a pas ou ce qui n’a que peu d'intérêt pour l'iodure prend une importance majeure relativement au

queur stomachique, agréable, telle que l’anisette, le curaçao, ou bien encore à une infusion amère, aromatique, à un vin généreux, soit naturel, soit pharmaceutique, etc., ete. — Il est absolument exceptionnel qu'après une série de tâtonnements de ce genre on ne parvienne pas à découvrir un agent ou un procédé quelconque qui assure la tolérance du remède. Et d’ailleurs, si la totalité de la dose exigible n’est pas supportée par l'estomac, reste toujours la ressource d’administrer le surplus par la voie rectale.

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