LÉSIONS COMMUNES
Je le répète à dessein en terminant cet exposé (car c’est là un point majeur que je désire bien mettre en lumière et qui, à mon sens, est resté trop effacé, trop négligé jusqu'à ce jour), ces lésions secondaires, non spécifiques, de la syphilis cérébrale sont aussi communes qu'importantes. Elles sont communes à ce point qu'elles font très-rarement défaut dans les autopsies et que leur absence peut être, sans exagération, taxée d'exceptionnelle, Et, quant à leur importance, si vous ne l'avez déjà jugée par ce qui précède, vous n'aurez que trop fréquemment l'occasion de apprécier à sa juste valeur par ce qui doit suivre. Aussi bien, après avoir lu, observé par moimème et médité quantité d'autopsies de ce genre, suis-je arrivé à la conviction qu'on meurt rarement, pour ne pas dire jamais, de la syplails cérébrale par le fait de lésions syphilitiques proprement dites, exclusivement syphilitiques; — tandis qu'on en meurt habituellement, presque toujours (alors que la maladie est conduite à ce dénouement fatal), par le fait de lésions vulgaires, consécutives à des lésions spécifiques et symptomatiques de ces dernières.
Il est exceptionnel, absolument exceptionnel, qu'à l'autopsie de sujets morts de syphilis cérébrale on ne trouve que des productions pures et simples de syphilis, telles que sclérose méningée, gomme, artérite gommeuse, ete. Presque invariablement, au contraire, on 0bserve, en compagnie de ées lésions, d'autres lésions d'ordre vulgaire, telles que encéphalite, thrombose, ramollissement, ete. Et, quand on cherche, par une analyse rigoureuse des résultats nécroscopiques, à se rendre un compte exact des causes qui ont déterminé la mort, il est bien rare qu'on n’aboutisse pas à inculper moins la production syphilitique elle-même que les altérations con-