DIRECTION DU TRAITEMENT
L'expérience commune apprend ceci : que, d'une façon générale, les Zongs traitements finissent par perdre une partie de leur action, alors qu’ils sont administrés d’une facon continue. Pour le mercure, pour l’iodure, comme pour tant d’autres remèdes d’ailleurs, /a continuité d'usage crée une accoutumance qui en affaiblit, en amoindrit, en annule presque, à un certain moment, les effets thérapeutiques. C’est là un point que j'ai longuement développé ailleurs (1), à propos du traitement général de la syphilis, et c’est d’après cet ordre de considérations que j'ai été conduit à formuler ma MÉTHODE pes TRAITEMENTS SUCCESSIFS. Or, cette méthode, que je n’ai pas à reproduire ici, trouveson application enl’espèce, comme vous allez le voir.
Si, pendant plusieurs mois de suite, sans discontinuité, vous administrez à un malade affecté de syphilis cérébrale le traitement dont il vient d’être question, soyez sûrs, Messieurs, qu'après un certain temps ce traitement ne produira plus d'effets identiques, égaux à ceux qu’il aura pu déterminer tout d’abord. Soyez sûrs qu'après trois ou six mois il n’aura plus une puissance équivalente à celle dont il était doué originairement. C’est là ce que, pour ma part, j'ai constaté maintes et maintes fois ; c’est là ce qui ressort de l'analyse de nombreuses observations, et ce qui d’ailleurs n’a rien que d’absolument conforme aux principes généraux de toute thérapeutique.
Or, vous comprenez combien il serait utile en pratique de parer à ce grave inconvénient de l’accoutumance. N'’est-il aucun moyen d'y parvenir?
(1) V. mes Leçons sur la syphilis éludiée plus particulièrement chez la femme, p. 1084 etsuivantes.
J'ai longuement étudié à ce point de vue spécial la question du traitement, et, après de nombreux tâtonnements dont je vous fais grâce, je crois être arrivé à une pratique qui n’est pas sans réaliser de sérieux avantages.
Cette pratique, qui est des plus simples, consiste en ceci : alterner l'usage des deuxagents antisyphihtiques dont nous disposons, de façon à conserver à chacun d’eux l'intégrité de son influence initiale pendant la longue durée du traitement. C'est-à-dire, plus simplement: administrer tour à tour les frictions et l’iodure, de façon à permettre au malade de se déshabituer de tel remède pendant qu'il profitera de tel autre, et ainsi de suite, successivement.
Je précise par un exemple.
Soit un malade affecté de syphilis cérébrale. Je commence par prescrire le traitement mixte, que jeconsidère, vous le savez, comme indispensable d'emblée, dans les premiers temps de l'affection, tout au moins que je considère comme le plus efficace, le plus sür. Je continue ce traitement un certain temps, six à huit semaines environ. Puis, au delà, je le suspends (sauf indication contraire, bien entendu), dans la conviction que, prolongé plus longtemps ou, « fortiori, prolongé d’une façon indéfinie, il ne fournirait plus que des résultats inférieurs à ceux qu'on en espère.
Un répit de quelques jours est, dela sorte, concédé au malade, répit qui fait office d’un stade de désaccoutumance, favorable à l’action ultérieure du remède.
Puis c’est alors que j'inaugure une autre méthode, à laquelle vous me permettrez de donner abréviativement le nom de TRAITEMENT ALTERNE. Ce traitement, tel que j’ai