‹ La syphilis du cerveauChapitre 132 sur 151 · RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

RÉCIDIVES

de l'influence syphilitique sur le cerveau s'obtient seulement au prix d’une médication longuement, très-longuement poursuivie après la disparition des symptômes apparents.

En pratique, Messieurs, n'oubliez jamais, ne perdez jamais de vue cette tendance particulière de la syphilis cérébrale aux recrudescences, aux rechutes à brève ou à longue échéance. Attachez-vous à prendre les devants sur ces assauts ultérieurs de la diathèse et à conjurer les accidents que ces récidives toujours graves — je le répète à dessein — ne manquent guère d'entraîner à leur suite.

Mais comment remplir cet office de prophylaxie? De la facon suivante :

1° En prescrivant, d’abord, à vos malades une hygiène spéciale, dont je me réserve de vous parler bientôt ;

2° En leur recommandant d'insister encore et d'insister longtemps sur la médication antidiathésique.

Sans doute,ilne faudrait pasici pécher par excès et surcharger indéfinimentles malades de médications. Mais, en évitant cet écueil, il importe aussi de se garer d’un autre : car, dans la crainte de trop faire, aboutir à faire trop peu serait courir le risque de laisser reprendre Le dessus à la maladie.

Donc, en somme, après une certaine trève thérapeutique, le traitement devra être renouvelé ; — et renouvelé non pas une seule fois seulement, mais #2antes fors, dans le cours de l’année et des années suivantes.

Plusieurs stades ultérieurs de traitement mercuriel et 1odurique ne seront pas de trop, à coup sûr, pour conserver le succès obtenu et sauvegarder l'avenir, après avoir assuré le présent.

C'est là, Messieurs, ce qui ressort de l'expérience, et la plupart des auteurs qui se sont occupés spécialement des affections syphilitiques du cerveau sont d'accord sur ce point. Plus qu'aucun autre, il est vrai, j'ai été frappé de la fréquence des récidives dans la syphilis cérébrale, fréquence qui ne me paraît pas avoir été appréciée jusqu'ici à son juste niveau. Et c'est pour cela que, d'autant plus énergiquement, j'insiste près de vous sur la nécessité de revenir plusieurs fois de suite à la médication spécifique après guérison des symptômes d’une première poussée. Ce n'est pas moi, assurément, qui consentirai jamais à laisser sans traitement un malade fraichement guéri d'accidents cérébraux syphilitiques. Bien au contraire, toujours et en tout état de cause, je conseillerai à ce malade de se traiter encore, etcela plusieurs années, en reprenant tour à tour le mercure et l’iodure de temps à autre, à intervalles de quelques mois. Et c’est après plusieurs années consacrées de la sorte à une série de traitements itératifs, c’est après plusieurs années écoulées sans symplômes nouveaux, sans menaces de récidive, que je commencerai seulement à être rassuré sur l'avenir et à prononcer le mot de quérison.

Bref, si vous me pardonniez l'exagération de la formule, je serais presque tenté de dire que les affections syphilitiques du cerveau doivent être traitées 4 satiété pour être suffisamment traitées. Telle est du moins l’impression que m'ont laissée les nombreux cas qui se son présentés à mon observation jusqu'à ce jour.

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