‹ La syphilis du cerveauChapitre 21 sur 151 · FORME CONVULSIVE OU ÉPILEPTIQUE · texte numérisé non relu

FORME CONVULSIVE OU ÉPILEPTIQUE

J'ai hâte de le dire, et vous l’avez compris à l'avance, ces diverses formes sont bien loin d’être exclusives les unes des autres. D'abord il leur arrive souvent de s’associer, de se combiner, en constituant ainsi ce qu'on pourrait appeler des formes mixtes. De plus, 1ln’estpas moins fréquent, comme nous le verrons bientôt, que l’une d’entre elles succède à une autre. Mais n'importe. Pour bon nombre de cas, pour un très-grand nombre même, dirai-je, la syphilis cérébrale restreint ses phénomènes de début à tel ou tel ordre de symptômes constituant telle ou telle de ces formes, laquelle se présente alors isolée, pure de tout mélange; et c'estlà ce qui m'autorise à vous

FORME CEPHALALGIQUE 87 décrire les types pathologiques qui vont suivre comme autant de modes initiaux, autant d’exordes divers de la maladie.

Au surplus, ne serait-ce là qu'un procédé didactique, simplement propre à faciliter l'exposition d’un ensemble complexe de symptômes, 1l aurait encore son avantage, ee me semble, même à ce point de vue secondaire. Donc, et sans insister davantage, commençons l'étude des diverses formes morbides que je viens de mentionner et dont l'individualité respective ressortira, je l'espère, de particularités cliniques des mieux accentuées.

La première de ces formes, la forme céphalalgique, va nous occuper tout d'abord.

FORME CÉPHALALGIQUE.

Voici, à coup sûr, pour la syphilis cérébrale, une forme de début des plus authentiques, des plus simples et des plus fréquentes.

De toutes les formes précitées, c’est la plus commune, soit qu'indépendante de tout autre symptôme elle traduise seule l'invasion de la syphilis dans le cerveau, soit qu'elle se combine à des manifestations d'un genre différent. Il'n’est pas d’exagération, je crois, à dire qu'à des degrés divers elle inaugure le début de la syphilis cérébrale dans les deux tiers des cas, approximativement.

En quoi consiste-t-elle ? Son nomseul le dit. Le symp-

88 FORME CÉPHALALGIQUE tôme essentiel qui la constitue, c'est la céphalalqie, la douleur de tête.

Mais quelle est cette douleur de tête, en tant que symptôme ?

Ï. — Comme sensation, comme qualité de souffrance, si je puis ainsi parler, elle se distingue très-nettement pour les malades de tout autre mal de tête, des névralgies, par exemple, ou du rhumatisme épicränien. Et elle s'en distingue surtout par ce caractère formellement accusé d'être une douleur manifestement enterne et profonde.

Certes, je ne saurais dire au juste où elle réside, où se localise son siége anatomique; mais 1l semble bien résulter des sensations décrites par les malades (autant que les sensations peuventse décrire) qu'elle est d’origine intra-crânienne, méningée ou cérébrale. C'est là ce que les patients accusent en disant, en répétant qu'ils ont mal « dans la tête, dans l’intérieur de la tète, dans le cerveau ». À ce point que ladite céphalée mériterait presque le nom d'encéphalalqie.

I. — Variable comme forme de douleur, elle se présente le plus souvent sous tel ou tel des trois types sulvanlis :

1° Douleur gravative, avec pesanteur, alourdissement cérébral, abasourdissement ;

2° Douleur constrictive, produisant la sensation d’une forte pression, comme si la tête était « serrée dans un étau », comme si elle allait « se fendre, éclater » ;

3° Douleur de martellement, caractérisée par des sensations intermittentes de coups de marteau, de coups à la fois lourds et pénétrants, toujours prodigieusement douloureux.

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