CARACTÈRES CLINIQUES
Ges trois types, d’ailleurs, s'associent ou se succèdent fréquemment. |
EL. — Comme localisation, la douleur de tête qui nous occupe affecte deux formes bien distinctes. Tantôt elle est crconscrite, partielle, nettement limitée à un point de la tête où elle reste fixe. Il peut se faire ainsi qu’elle ne dépasse pas l'étendue d’une pièce de deux franes ou de cinq francs. On dirait alors, suivant l'expression des malades, qu'elle est produite « par un coin, par un clou implanté dans le cerveau »; généralement, d’ailleurs, en pareil cas, elle offre Le caractère térébrant.
Pour le dire immédiatement, c’est là une variété de céphalée qui accompagne assez fréquemment les tumeurs cérébrales.
Tantôt, au contraire, elle estplus générale, plus diffuse. Elle occupe alors, par exemple, tout un département de l’'encéphale, comme la région frontale, temporale, sincipitale,;occipitale. Quelquefois elle s'étale sur plusieurs de ces régions à la fois. Quelquefois même (rarement, il est vrai) elle envahit la tète presque tout entière.
De ces diverses localisations, il en est une plus commune que d’autres, à savoir celle qui affecte la région frontale ou fronto-pariétale, latéralement, Notons cette particularité qui n’est pas sans intérêt, et sur laquelle j'aurai à revenir dans la suite de cet exposé.
IV. — Jusqu'ici, Messieurs, rien de bien caractéristique dans cette céphalée qui, avec ses variétés de forme et de siége, trouverait des analogues dans les douleurs de tête produites par nombre d’autres maladies. Mais insistons, étudions de plus près les attributs de cette douleur, et recherchons surtout si elle ne présente pas
90 INTENSITÉ HABITUELLE DE DOULEUR quelques particularités plus significatives, propres à en attester la spécificité.
Eh bien! oui, cette céphalée présente, non pas toujours, mais fréquemment, certains caractères assez spéciaux pour donner l'éveil, pour attirer l’attention vers la syphilis.
Quels sont ces caractères? Il en est trois principaux que voici:
Intensité habituelle et violence parfois extraordinaire de la douleur ;
Exacerbations nocturnes ;
Persistance, ténacité, longue durée.
Quelques développements ne seront pas superflus à ce triple propos.
1° /ntensité habituelle et violence parfois extraordinaire de cette céphalée. — La céphalée cérébrale est presque toujours remarquable par une intensité peu commune, C'est une douleur plus forte qu’un mal de tète habituel, qu'une migraine nerveuse, qu'une céphalalgie symptomatique de fièvre, de phlegmasie, ete. Les malades s'en plaignent amèrement, et leur attitude témoigne à l'unisson d'un haut degré de souffrance.
Même dans ses formes relativement légères, qui sont de beaucoup les plus habituelles, cette céphalée constitue un mal de (èle intense, qui moleste vivement le malade, qui le rend triste, morose, abattu, alourdi, excitable, qui détermine l'insomnie, qui déprime l'intelligence et les facultés, qui diminue ou abolit même l’appéüt, qui retentit sur les fonctions nutritives, ete.
À un degré supérieur, elle devient une douleur violente qui alite le malade, qui le rend incapable de tout