ÉTAT CONGESTIF HABITUEL
plus importuns. Il pouvait bien se lever, sortir, aller et venir, monter même à cheval quelquefois ; mais dans tous ses mouvements il se sentait, suivant sa propre expression, #al équilibré, et jamais au total il n’était « sûr de lui». La descente d’un escalier notamment était devenue pour lui « une véritable affaire d'État », une tàche des plus laborieuses, dont il ne venait à bout qu'au prix des plus grands efforts, « en s’accrochant à la rampe, en fermant à demi les yeux, en posant successivement les deux pieds sur la même marche, à la facon des petits enfants ».
En certains cas même, assez rares pour mériter l'épithète d’exceptionnels, la sensation du vertige se répète avec une telle insistance et acquiert une telle intensité qu'elle prédomine sur tous les autres phénomènes et prend le premier pas dans la scène morbide. C'est là une variété symptomatologique que, sans grande exagération, on pourrait presque décrire sous le nom de forme vertigineuse de la syphilis cérébrale.
Dans cette forme se rangeraient, comme exemples, les deux cas suivants : .
Un malade, que j'eus à traiter en 1876 pour une syphilis cérébrale et une glossite seléreuse, était sujet, entre autres accidents d'origine encéphalique, à des crises de grands vertiges, constituant le phénomène dont il se plaignait le plus. Depuis un an, disait-il, il avait eu au moins une cinquantaine de ces crises, qui le prenaient soit levé, soit assis, soit plus particulièrement encore (détail curieux) {a nuit et au lit. Au moment de ces attaques, 1l voyait tout osciller, tournoyer autour de lui; mème les yeux fermés, même dans l'obscurité, il sentait