‹ La syphilis du cerveauChapitre 28 sur 151 · FORME VERTIGINEUSE · texte numérisé non relu

FORME VERTIGINEUSE

son lit et lui-même emportés dans l’espace « par une sorte de mouvement tourbillonnant ». D’autres fois, les objets extérieurs lui apparaissaient renversés. Ainsi il racontait qu'un jour, saisi de cette-étrange sensation au moment où son médecin se trouvait auprès de Jui, 1l vit très-distinctement ledit médecin « la tête en bas et les pieds en haut pendant quelques secondes ». Quelquefois encore, chez ce même malade, les crises de vertige s’accompagnaient de nausées et de vomissements.

Un autre malade, actuellement guéri d'une syphilis cérébrale des plus manifestes (1), est resté sujet pendant six années à des accès de vertige très-intenses, accès qui, à une certaine époque, étaient devenus extrèmement fréquents, jusqu'à se renouveler toutes les semaines, tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Ces vertiges étaient parfois assez violents pour s’accompagner de chutes. [ls étaient de plus pol/ymorphes, consistant, comme l’expliquait fort bien le malade, tantôt en une crise fugace de perte d'équilibre, avec obnubilation passagère, tantôt en une sensation de tournoiement, de tourbillonnement étrange, tantôt enfin, et cela plus rarement, en un étourdissement subit avec perception renversée des images. « C’est ainsi, disait-il, qu'il m'est arrivé plusieurs fois de voir très-distinctement les becs de gaz danser en rond autour de moi, ou bien encore de voir le sol en haut et le ciel en bas, ete. ». Ces étranges sensations finirent par s'apaiser et disparaître complétement sous l'influence du traitement spécifique, en même temps que les autres symptômes de la maladie.

(1) MM. Charcot et Brachet (d'Aix) se souviendront d'avoir examiné ce malade avec moi.

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3 Aux troubles qui précèdent s'ajoutent très-fréquemment, et je puis même dire d’une façon presque constante, d'autres symptômes intéressant les sens spéciaux et parfois aussi la sensibilité générale, à savoir :

À. — Troubles divers de la vue, déjà signalés précédemment, mais devenus ici plus intenses, plus répétés et plus durables ; obnubilations passagères ; — mouches volantes; — perception vague et incertaine des objets pendant quelques instants. Ainsi, par moments (c'est là un symptôme sur lequel insistent beaucoup les malades), les images perdent la netteté de leur contour; elles ne sont plus perçues que d'une façon indécise, et rappellent alors exactement ce qu’on appelle en terme de photographie une « épreuve floue », résultant d’une mise au point défectueuse. — Quelquefois aussi, à une époque plus avancée, l’acuité visuelle s’affaiblit et reste émoussée définitivement.

B. — Du côté de l’ouiïe, bourdonnements, tintements, bruissements, sifflements, etc., soit limités à une oreille, soit bilatéraux ; tous symptômes continus, mais s’exaspérant de temps à autre; — sensations bizarres d'engour- dissement, d'amortissement de l’ouie, « comme si, disent les malades, un bouchon d’ouate oblitérait le conduit auditif, » ou bien « comme si de l’eau était entrée dans une oreille ». — Très-souvent aussi, faiblesse marquée d’une oreille; diminution plus ou moins notable de la faculté auditive ; véritable cophose.

Deux fois seulement j'ai constaté des phénomènes analogues à ceux de la maladie de Ménière, à savoir,

bourdonnements, surdité, accès de vertige. — Dans l’un

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