‹ La syphilis du cerveauChapitre 29 sur 151 · ÉTAT CONGESTIF HABITUEL A · texte numérisé non relu

ÉTAT CONGESTIF HABITUEL A

de ces cas, il existait en outre une hyperacousie douloureuse.

C. — Parfois encore, mais d’une façon bien plus rare, s’observent des troubles de la sensibilité générale, consistant en ceci:

Fourmillements passagers ou même persistants dans une extrémité du corps ;

Phénomènes d'engourdissements locaux, soit transitoires, soit durables, occupant une région limitée, telle que le pied, la main, quelques-uns des doigts. C'est ainsi que certains malades se plaignent de ne plus sentir qu'imparfaitement les objets, de ne plus les sentir, disent-ils, que comme à travers un gant. De même, d’autres racontent qu'il leur arrive de temps à autre de laisser échapper de menus objets qu'ils ont à la main, un crayon ou une plume par exemple, et cela «parce qu'ils les sentent mal du bout des doigts ».

Notons enfin, comme troubles d’un genre différent, certaines douleurs vaques se produisant en un point limité du corps, dans un membre, dans l'extrémité d’un membre, douleurs quelquefois assez fixes, d’autres fois mobiles, névralgiformes, plus ou moins persistantes, en tout cas essentiellement sujettes à retours. Que sont de telles douleurs? Quel en est le siége précis ? C’est là ce qu’on ne saurait dire. En raison de leur localisation essentiellement indécise, on les néglige souvent, et l’on se contente de les qualifier à la légère de douleurs rhumatismales, rhumatoïdes, névralgiques, ostéocopes, etc. Je Les ai observées trop souvent pour ma part, et toujours dans les mêmes conditions, pour ne pas croire qu'elles soient en relation avec l'affection cérébrale. Toujours est-il que de

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telles douleurs se produisent fréquemment comme phénomènes prodromiques ou symptomatiques de lésions cérébrales (1) et qu'elles sont bien loin de faire défaut chez nos malades. Peu remarquées jusqu’à ce jour, elles méritent, je pense,d’être étudiées de plus près, car elles constituent un symptôme qui peut apporter un utile appoint au diagnostic.

En vue d'appeler l'attention sur elles, j'ai proposé de les qualifier du nom de douleurs cérébrales des membres, quitte à modifier ce terme le jour où nous serons mieux éclairés sur leur pathogénie véritable.

4° En ce qui concerne la motilité, des troubles importants trahissent l’état congestif habituel que nous décrivons actuellement, et ces troubles sont de telle nature, comme vous allez le voir, qu'ils ne sauraient manquer d'éveiller l'attention du médecin, en lui signalant l'existence d’une lésion cérébrale en voie d'élaboration.

Quels sont-ils ? Multiples et variés, ils vont réclamer de nous une description minutieuse.

Ce qu'on observe est ceci :

À. — Tantôt une /ablesse et une sorte de torpeur musculaire insolites.

(4) Je n'ai jamais vu ces douleurs plus accentuées que sur un jeune homme affecté d’une encéphalo-mévingite aiguë qui futrapidement mortelle. Ce malade, que je traitais avec MM. Charcot et Édouard Labbé, accusait au niveau de la cuisse droite une douleur tellement violente que nous dûmes à plusieurs reprises rechercher si, indépendamment de son affection cérébrale, il ne présentait pas là quelque lésion particulière, telle que abcès profond, périostite, ostéite, ete. Un examen minutieux nous donna la conviction qu'il ne s'agissait de rien de semblable, et la douleur resta pour nous inexpliquée comme localisation et comme pathogénie. N'était-ce pas là une de ces douleurs d’origine cérébrale dont il vient d'être question? J'incline fort à le penser, pour ma part.

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