VARIÉTE MALIGNE OÙ PERNICIEUSE
légers, consistant uniquement en une sensation de malaise général, avec lourdeur de tête et quelques troubles de la vision.
Un accident aussi grave que le coma, venant à faire de la sorte explosion en pleine santé, soudainement, sans avant-coureurs, tout au moins sans symptômes antécédents de gravité proportionnelle, n'est-ce pas là, Messieurs, un fait des plus surprenants? Eh bien! ce fait imprévu, presque incroyable, la syphilis le réalise quelquefois, et c’est là ce qu'il est très-essentiel d’enregistrer pour la pratique. J’ajouterai que c’est là un fait encore très-peu connu, sur lequel je n'ai commencé à appeler l'attention que dans ces dernières années et qui n'a été le sujet jusqu'ici (à ma connaissance tout au moins) que d’un seul travail intéressant (1).
En tant que symptôme, le coma dont il s’agit ici ne diffère pas, bien entendu, de ce qu'est tout autre coma de cause vulgaire. Il ne présente et ne saurait présenter rien de spécial. [ei comme ailleurs, comme toujours, ik consiste simplement en ceci :
État d'immobilité complète et de sommeil apparent ; — résolution absolue des puissances musculaires, sans paralysie ; —abolition de la connaissance ; —faciesinexpressif, comme stupéfié ; — sensibilité engourdie, mais non éteinte, réagissant par un léger mouvement sous l'influence d’une excitation douloureuse ; — rétention ou émission involontaire de l'urine et des matières técales; — respiration normale ou suspirieuse, quel-
(1) De la syphalis cérébrale tertiaire avec accidents comateux sidérants, par le docteur Maurice Mercier. (Thèses de Paris, 1875.)
136 VARIÉTÉ MALIGNE OU PERNICIEUSE quefois stertoreuse par instants, etc.; — du reste, tous actes de la vie organique se continuant d'une façon
régulière.
Établi d'une façon brusque, presque sidérante, ce coma se continue au delà sans modifications bien notables. Il reste ce qu'il est, et cela non pas seulement quelques heures, mais plusieurs jours.
Que deviendrait-1l, comment se terminerait-il, s’il était abandonné à lui-même, s'il n’était pas modifié dans son évolution ou réprimé dans sa cause organique par l'intervention du traitement? C’est là ce qu'il serait encore difficile, impossible même, de préciser rigoureusement dans l’état actuel de nos connaissances, vu le petitnombre d'observations dont nous disposons encore. Toujours est-il que ce coma constitue sans contredit un accident des plus graves, susceptible de mettre la vie en péril à courte échéance. La nature même du symptôme suffit à en attester la gravité. Et, d’ailleurs, on possède déjà plusieurs cas dans lesquels on a vu des malades affectés de phénomènes de ce genre succomber rapidement, sans avoir repris un seul instant possession d’euxmêmes.
Cest assez dire si ce coma précoce de la syphilis cérébrale comporte un pronostic des plus sérieux et crée un danger imminent. Eh bien! ici encore, le traitement spécifique offre un recours inestimable contre une perspective aussi alarmante. [n’est pas impossible, en effet, qu'intervenant à temps et d'une façon énergique le médecin parvienne à maitriser de tels accidents et à sauver une situation presque désespérée. De cela témoignent