ÉPILEPSIE SYPHILITIQUE TERTIAIRE
I. Fréquence des accidents épileptiques dans la syphilis cérébrale. — Raison de cette fréquence.
IT. FORMES CLINIQUES de l’épilepsie d’origine spécifique. — Elles ne sont autres que celles de l’épilepsie vulgaire. — Forme de grand mal. — Forme de petit mal.
III. Ixvasion.— Comment et à quelle époque les phénomènes épileptiques prennent-ils place dans la syphilis cérébrale ? — Invasion sous forme de symptômes isolés. — Invasion sous forme de symptômes associés. — Épilepsie initiale; épilepsie plus tardive ; épilepsie terminäle, ultime. — Il n’est pas impossible qu'une crise épileptique soit le premier symptôme d'une syphilis cérébrale.
Prodromes habituels : troubles congestifs ; — troubles de santé générale ; — céphalée., — Importance de la céphalée comme phénomène prémonitoire,
IV. ÉVOLUTION ULTÉRIEURE, — Trois points résument cette évolution :
10 Succession, à intervalles variés, d'accidents identiques ou analogues. — Échéances des attaques ultérieures. — Attaques d'abord espacées, puis se rapprochant de plus en plus. — Phénomènes précurseurs des crises : prodromes prochains; — prodromes immédiats, — Auras.
20 La forme épileptique de la syphilis cérébrale se compose à son début et reste composée pour un certain temps d'accidents de caractère convulsif, sans mélange, sans association d’autrés phénomènes, — De là, confusion fréquente de l'épilepsie syphilitique avec l'épilepsie vulgaire. — Cette forme purement épileptique peut-elle se prolonger ?
3° Modification de la scène morbide : I. Association aux crises convulsives des symptômes propres at petit mal : épilepsie musculaire circonscrite, verliges, absences, impulsions soudaines, délire comilial, etc, — IT, Invasion de #roubles cérébraux d'ordre différent, —
19 Troubles congestifs. — 209 Troubles intellectuels et moraux. — Atteinte spéciale portée à la mémoire : amnésie progressive; amnésie
par saccades. — abaissement progressif de l'intelligence. — Hébétude. — Démence terminale. — 3° Troubles moteurs : parésies initiales. — Paralysies consécutives. — Types divers. — Fréquence du type hémiplégique.
Altération parallèle de l’état général. — Cachexie cérébrale. Messieurs,
Nous allons aborder aujourd'hui l'histoire d’une des formes les plus importantes de la syphilis cérébrale, la forme convulsive ou épuleptique.
Voici, je suppose, un sujet adulte, âgé de 30 à 40 ans, qui, pour la première fois de sa vie, vient d’être pris d'une crise typique d’épilepsie. Dans le cours d’une santé en apparence parfaite, il a été sidéré, soit chez lui, soit en pleine rue ; il est tombé à la renverse, sans connaissance; puis aussitôt ses membres et tout son corps ont été saisis de convulsions violentes, d’abord toniques, ensuite cloniques ; au delà, il est resté un certain temps dans un état de stertor apoplectiforme, la face pâle et la bouche écumante. Après quoi, il s’est réveillé, bien portant d’ailleurs, mais ne conservant aucun souvenir de ce qui s est passé.
Que signifient de tels phénomènes? Quelle cause a déterminé une crise de ce genre ?
Eh bien! Messieurs, avant tout interrogatoire, avant tout examen, vous pourriez presque préjuger, soupçon uer tout au moins la raison, le pourquoi de cette crise, Car, si les choses se sont passées comme je viens de le dire, vous avez huit ou neuf chances sur dix pour que la syphilis soit cause des accidents en question.
Et pourquoi ?
Pour les deux très-simples et très-valables raisons que voici :
1° Parce que l’épilepsie essentielle, l’épilepsie vraie, ne fait jamais son premier début à l'âge adulte, à l'âge mür. Il est extraordinaire, presque inouï, qu’elle attende pour se révéler la trentième ou la quarantième année. Elle apparaît dans l'enfance ou l'adolescence ; telle est la règle, telle est la loi à laquelle on ne pourrait opposer, je crois, qu’un bien petit nombre d’exceptions authentiques. Pour ma part, je déclare n'avoir jamais rencontré un seul cas d’épilepsie essentielle s'étant produite pour la première fois dans la période moyenne de la vie, non plus qu’au delà.
2° Parce que, de toutes les causes susceptibles de produire l'épilepsie symptomatique sur un sujet en bon état de santé apparente, la plus fréquente à coup sür est la vérole. Huit ou neuf fois sur dix, c’est la vérole qui, dans ces conditions particulières, sert de cause à lépilepsie.
Donc, si un homme adulte, au-dessus de 30, 35 à 40 ans, vient à être pris pour la première fois d’une crise épileptique, et cela dans le cours d’une bonne santé apparente, il y a, je vous le répète, huit ou neuf chances sur dix pour que cette épilepsie soit d’origine syphilitique.
Voilà, Messieurs, un grand fait, un fait considérable, dirai-je, commé importance pratique ; — fait assurément signalé de vieille date, mais resté toujours effacé, laissé dans l'ombre, injustement négligé et remis seulement enlumière depuis une quinzaine d'années environ; — fait, ajouterai-je encore, vulgaire et notoire en certains pays (en Angleterre, par exemple, et aux États-