‹ La syphilis du cerveauChapitre 38 sur 151 · GRAND MAL. — PETIT MAL · texte numérisé non relu

GRAND MAL. — PETIT MAL

un mot, à ne l’envisager qu'au point de vue clinique, objectif, l’épilepsie syphilitique est une épilepsie vraie dans toute la force du terme, tant elle affecte de ressemblance avec l’épilepsie digne de ce nom. — C'est là un point, Messieurs, dont il importe que vous soyez bien convaincus dès le début de cet exposé.

Et, en effet, pour en venir actuellementaux détails, qu'observe-t-on comme phénomènes épileptiques dans la syphilis cérébrale?

Ce qu’on y observe répond, trait pour trait, aux erises, aux attaques, aux symptômes variés qui constituent l’épilepsie essentielle. Nous allons y trouver :

D'une part, les attaques convulsives, à grand fracas, connues sous le nom de grand mal,

Et, d'autre part, les manifestations non convulsives, plus calmes, du petit mal.

Précisons.

LE — La première de ces formes (grand mal) est de beaucoup la plus «commune. Comme symptômes, elle se rapproche à tous égards de l’épilepsie vulgaire. À tous égards, je le répète, elle rappelle ou peut rappeler l'attaque épileptique commune de forme convulsive, Ce qui me permettra d'en esquisser seulement la description à grands traits.

D'abord, mêmes phénomènes constitutifs de Ia crise : début instantané; sidération, chute avec perte de connaissance; — convulsions toniques initiales, de courte durée; — puis convulsions cloniques, plus durables ; — distorsion de la face; écume à la bouche; — morsure de la langue ; — et finalement stertor apoplectique.

En second lieu, mêmes phénomènes consécutifs à

l'attaque : d’une part, retour rapide à la connaissance ; — d'autre part, légère hébétude à la suite de la crise : troubles passagers dans les idées, diminution légère et transitoire de la mémoire ; — enfin, certain degré de nervosisme, d’excitabilité nerveuse, dans les quelques jours suivants.

IE. — De même,et non moins exactement, le petitrnal syphilitique reproduit avec une fidélité frappante le petit mal vulgaire. Comme ce dernier, 1l est susceptible de formes symptomatologiques éminemment variées, consistant en tels ou tels accidents que voici : vertiges soudains et éphémères; sensation instantanée de tournoiement, de tourbillonnement; — absences: — accès subits de faiblesse, de défaillance, sortes de fausses syncopes avortées; — parfois, accès de tremblement, ou bien spasmes subits de certains muscles, avec üraillements, distorsions, crampes, trépidation musculaire, ete.; — plus rarement, explosion soudaine d’une douleur intense en un point circonserit, douleur également remarquable par ce double fait qu'elle atteint d'emblée, en un instant, une acuité excessive et qu’elle disparait brusquement, comme elle était venue; — plus rarement encore, et même exceptionnellement, impulsions soudaines, irrésistibles; crises inconscientes de fureur, de violences, cessant aussi rapidement qu'elles sont apparues et constituant ce qu'on a appelé le délire comitial, ete., ete. — Sans parler encore d'autres formes plus vagues, à sensations profondes, viscérales, qu'il est difficile ou plutôt impossible de localiser.

Ces phénomènes, qui constituent le petit mal, peu-

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