ÉPOQUE D'APPARITION
vent se produire seuls, isolément, surtout dans les périodes initiales de l'affection. Dans un stade plus avancé, presque toujours, comme nous le verrons, ils s'associent aux crises du grand mal, en alternant avec elles.
Tel est le tableau sommaire des phénomènes que nous allons rencontrer dans l’épilepsie syphilitique ; et encore une fois, Messieurs, vous voyez que ces phénomènes, à ne les considérer qu'au point de vue clinique, sont exactement ceux qui constituent l’épilepsie la plus vulgaire.
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Cominent et à quelle époque les phénomènes épileptiques prennent-uls place dans la syphilis cérébrale ?
Il se peut que ces phénomènes apparaissent dans la syphilis cérébrale comme symptômes so/és, non associés à d’autres déterminations contemporaines. C’est-àdire il est possible qu'à un moment donné, qu’à une certaine période de la syphilis cérébrale, ce qu’on observe se borne purement et simplement à des symptômes d'ordre épileptique.
Cela est assez rare. Et cela surtout ne s’observe que dans un temps limité, par exemple au début mème de l'affection, comme nous le verrons dans un instant.
Le plus habituellement, au contraire, les symptômes épileptiques prennent place dans la syphilis cérébrale à côté de symptômes d'un autre ordre, en compagnie
d'accidents congestifs, d'accidents paralytiques, ou bien de désordres plus ou moins prononcés des facultés intellectuelles, ete. Alors ils font partie d’un tout; ils sont éléments d’un ensemble morbide, constitué par une certaine somme de troubles divers. — C'est là, et de beaucoup, je le répète, Le cas le plus commun.
En second lieu, les phénomènes épileptiques se manifestent, dans le cours de la syphilis cérébrale, à des époques variées. Ainsi :
1° Tantôt ils constituent des symptômes absolument mnitiaux. Rien alors ne les précède; ils ouvrent la scène, pour ainsi dire, d'emblée et sans prologue.
2° Tantôt, au contraire, ce sont des symptômes plus tardifs. Déjà, depuis plus ou moins longtemps, la syphilis cérébrale s’est affirmée et confirmée par des manifestations non équivoques, lorsqu'ils apparaissent pour la première fois. [ls ne prennent plus rang, alors, dans l’ensemble morbide qu'au titre de phénomènes consécutifs.
Tel a été, par exemple, le cas d’un malade que vous avez pu observer dans nos salles l’année dernière. Cet homme commença par éprouver divers symptômes d’'ordre congestif, relevant de la forme que nous avons étudiée précédemment, à savoir : malaise cérébral vague, obnubilations passagères, vertiges, troubles multiples de la sensibilité, de la motilité et de l'intelligence. Plus tard, 1l fut pris trois fois de crises identiques à celles que nous avons qualifiées du nom d’ictus résolutifs, puis une fois d’un véritable ictus apoplectiforme. À cette époque, il se traita, mais néglisgemment, incomplétement. Les symptômes néanmoins s'atténuèrent. Puis, après deux
ÉPOQUE D'APPARITION 155 ans de répit, apparurent des attaques épileptiques, lesquelles, d’abord espacées, se succédèrent ensuite à courte échéance et décidèrent le malade à venir réclamer nos SOINS.
3° Enfin, les phénomènes épileptiques peuvent n’apparaître qu'à une époque ultime de l'affection, comme accidents presque terminaux. C’est ainsi qu'il existe un certain nombre d'observations dans lesquelles on a vu des malades parcourir toutes les étapes de la syphilis cérébrale sans rien présenter d’épileptique, puis être pris tout à coup, à une époque voisine du dénouement fatal, de violentes crises d’épilepsie convulsive, crises le plus habituellement alors répétées, rapprochées, quelquefois même subintrantes.
Rappelez-vous, comme exemple du genre, l’un de nos malades de la salle Saint-Louis, qui, après avoir épuisé presque toute la série des accidents cérébraux syphilitiques, hormis ceux d'ordre comitial, succomba dans des crises épileptiques de la dernière violence. Ces crises n'apparurent chez lui pour la première fois que trois jours avant la mort.
Pour l'instant, laissons de côté les deux derniers ordres de cas dont il vient d’être question; et, puisque nous traitons ici des formes initiales de la syphilis cérébrale, occupons-nous seulement des cas où l’épilepsie se déclare comme phénomène de début, tout au moins de ceux où elle figure dans les premiers temps de l'affection.
L’épilepsie est commune en tant que phénomène précoce de syphilis cérébrale. C'est là un fait indiscutable, qu'attestent aujourd'hui de très-nombreuses observations.
Il est possible même qu'elle se présente comme premier phénomène, comme symptôme ouvrant la scène, comme symptôme antérieur aux moindres troubles pouvant permettre au médecin de prévoir l'invasion d'accidents cérébraux.
Ainsi il est des cas où l’on a vu la syphilis cérébrale s’annoncer brutalement à son début par une crise convulsive de forme franchement épileptique, crise surprenant le malade en plein état de santé, sans avant-coureurs, sans phénomènes prémonitoires d'aucun genre.
Exemple : Un homme jeune encore, jouissant en apparence d’une santé excellente, tombe un jour frappé brusquement d’une attaque de haut mal. Il est renversé subitement, sidéré; il se débat dans des convulsions violentes ; il écume et se mord la langue; puis il s'endort profondément d’un lourd sommeil; finalement, 1l se réveille en bon état, complétement guéri d'apparence, et ne conservant aucun souvenir, aucune notion de ce qui vient de se produire. |
Ses parents, et lui-même aussi, n’accordent que peu d'importance à cette crise, qu'ils mettent sur le compte de « la chaleur, d’une fausse digestion », ou de toute autre circonstance aussi insignifiante qu'il leur plait d'invoquer.
Mais, six semaines après, survient une autre crise, en tout semblable à la première, et bientôt suivie d’autres attaques toujours identiques. Plus tard se produisent des accidents multiples, ne pouvant laisser le moindre doute sur l'existence d’une syphilis cérébrale. Le malade succombe, et l’autopsie révèle, comme on s’y attendait, les lésions syphilitiques les plus patentes.
lei donc, vous le voyez, l’épilepsie a véritablement