PRODROMES DES CRISES
Ce dernier symptôme se présente parfois d’une facon particulièrement significative, et certains malades vous le signaleront d'eux-mêmes comme un prodrome prochain de leurs crises. Il précède l’attaque de quelques jours seulement et se caractérise par cette douleur de tête dont je vous entretenais il y a peu d’instants, c’est-àdire par une douleur intense, s'exaspérant souvent le soir ou la nuit, douleur quelquefois remarquablement fixe et circonscrite, limitée à l'étendue d’une pièce de cinq francs, et occupant de préférence l’une des régions temporo-pariétales (4). Il est absolument positif que, dans un certain nombre de cas, une céphalée de ce genre sert de prodrome au retour des crises (2).
IE. Quant aux prodromes 2mmédats des attaques, ils consistent en telle ou telle de ces sensations singulières auxquelles vous savez qu'on a donné le nom d'aura.
De même que l’épilepsie vulgaire, l’épilepsie syphilitique peut avoir ses auras, et elle en a même de formes très-variées : fourmillements, bruissements d'oreilles, visions lumineuses, douleur subite en un point avec
(1) Cette douleur de tête fixe et circonscerite n’a pas été remarquée seulement par moi. Je la trouve signalée d’une facon très-précise dans nombre d'observations, notamment par MM. Buzzard, Charcot, Vance, Proust, ete.
{2) Particularité curieuse : un de mes clients, dans les deux ou trois jours qui précédaient chacune deses crises, présentait une fache érythémateuse rosée, de l'étendue de la paume de la main, sur la face latérale gauche du cou. Cette tache avait été observée plusieurs fois dans ces conditions par la femme du malade, qui soignait et surveillait son mari avec autant d'intelligence que de dévouement. Deux fois je constatai ce symptôme qui, en effet, fut suivi d’une crise épileptique à brève échéance.
C’est là, je dois le dire, le seul cas de ce genre que j'aie jamais rencontré.
ou sans irradiations, crispations, trépidation musculaire, bâillements, frisson, pression stomacale, perceptions odorantes, sensations étranges parcourant un membre, ete., etc. L'existence de tels phénomènes a étésignalée en nombre de cas.
Ces auras — qui, règle générale, restent toujours les mêmes pour chaque sujet, c’est-à-dire semblables à elles-mêmes d’une crise à l’autre — peuvent acquérir, en certains cas, une intensité remarquable. Ainsi, chez l’un de mes malades, chaque crise convulsive était invariablement annoncée par une sorte de « crispation douloureuse dans un pied ». — De même, chez un autre de mes clients, la crise avait toujours pour prodrome immédiat une sensation bizarre, analogue, disait le malade, à celle que produirait « un souffle, un coup de vent, un courant d'air passant sur les doigts médius et annulaire de l’une des mains ». Ce curieux phénomène était bientôt suivi d'une violente douleur du poignet correspondant, douleur constrictive, comparable à celle qu'aurait pu produire «une ligature ou un bracelet de fer étreignant l'articulation ».
Ces auras, du reste, n’ont rien de spécial dans l’épilepsie syphilitique, rien qui les distingue des phénomènes de même genre fréquemment observés dans l’épilepsie vulgaire. D'autre part, elles ne sont rien moins que constantes. Au total, donc, elles constituent des accidents curieux plutôt qu'importants. Il suffira de les signaler.
IE. — Second point : /a forme épileptique de la syphilis cérébrale se compose à son début, et reste composée
pour un certain temps, d'accidents de caractère convul-