‹ La syphilis du cerveauChapitre 44 sur 151 · STADE INITIAL · texte numérisé non relu

STADE INITIAL

sif, sans mélange, sans association d'autres phénomènes.

Cela revient à dire que les crises convulsives (mode le plus habituel qu'affecte l'épilepsie syphilitique à son début) se répètent, comme nous venons de le voir, à intervalles variés, mais se répètent sans que d’ailleurs il s'y ajoute aucune autre manifestation cérébrale, au moins importante.

S1 bien qu'à cette époque, pendant ce stade imitial dont la durée peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, on serait presque autorisé à considérer le malade comme un épileptique, comme un épileptique vulgaire, de par les seuls phénomènes qu'il présente.

- Et telle est en effet, Messieurs, l'erreur qui se com met fréquemment, l'erreur qui a été commise déjà bien des fois et dont je pourrais citer de bien regrettables exemples. Une syphilis cérébrale se traduit par des crises épileptiques qui se répètent à intervalles plus ou moins espacés ; immédiatement on va droit au symptôme, on ne voit que lui; on néglige la cause, on méconnaît la syphilis, et finalement on pose le diagnostic d’épilepsie, d'épilepsie simple, sans avoir le moindre soupeon que la vérole puisse ètre en cause comme origine de tels phénomènes. Conséquence : on perd alors un temps précieux à administrer tel ou telremède en vogue contre Pépilepsie, le sulfate de cuivre, le valérianate de zine, le bromure de potassium, le bromure de camphre, ete. : et on laisse tout loisir à la syphilis pour continuer dans le cerveau le travail de prolifération néoplasique qui vient déjà de faire ses preuves. —: Voilà, certes, une erreur qui mérite d'être signalée, Méditons-la bien pour nous tenir en garde contre elle. | Il est même certains cas (absolument exceptionnels,

il est vrai) dans lesquels on a vu cette forme purement épileptique de la syphilis cérébrale se continuer un temps beaucoup plus long que celui dont 1l vient d’être question, et cela sans se compliquer de phénomènes cérébraux d'aucune sorte. Je possède dans mes notes quelques observations de ce genre, relatives à des malades qui, pendant un an, pendant dix-huitmois, n’ont éprouvé pour tous symptômes que des crises convulsives, à cela près de légers accidents éphémères, légitimement imputables au fait même de ces crises. Il y a plus encore. Ainsi l’un de mes clients (qui, je dois le dire, ne cessa pas un seul jour pendant quatre années de s’administrer des doses moyennes de 2 à 3 grammes d'iodure de potassium) n’a présenté pour tous phénomènes de syplulis cérébrale, pendant ces quatre années, que des attaques purement épileptiques, espacées les unes des autres de plusieurs mois. Pas le moindre trouble cérébral, d’aucun genre, ne s’ajouta à ces attaques avant la fin de la quatrième année.

Mais passons sur les cas de cet ordre, trop exceptionnels, je le répète, pour mériter plus longtemps votre attention; et venons à ce qui est d'observation commune,

HT. — Ce qui est d'observation commune, tout au contraire, c'est de voir l'épilepsie d’origine syphilitique, après être restée épilepsie pure et simple pendant un certain temps (plusieurs mois par exemple), se modifier dans la suite, se compliquer ultérieurement d'autres phénomènes cérébraux.

Et comment cela? De la facon suivante :

A9 Don “anni : . : .

1° Par association aux crises convulsives, aux crises

Page 1