LÉSIONS DE COMPRESSION
autre, elles aboutissent à déterminer des coagulations intérieures, des thromboses adhérentes, voire parfois des oblitérations vasculaires absolues (1).
Remarque anatomique digne d'intérêt : les infiltrats scléreux ou gommeux de la syphilis cérébrale affectent souvent, par rapport au système cireulatoire, une disposition assez particulière. On les voit, en maintes occasions, se masser et fuser sous forme de traînées-le long des artères cérébrales. Ils s'irradient et progressent de la sorte en suivant les vaisseaux, en les prenant pour support, en s’y attachant à la façon dulierre autour d'un tronc d'arbre (2).
Il y a plus. Parfois ces gommes péri-vasculaires s'organisent autour du vaisseau sous forme de couches concentriques. C'est-à-dire qu’une première prolifération gommeuse se produit autour du tronc artériel, puis une seconde autour de la première, une troisième autour de la seconde, et ainsi de suite. Ges zones concentriques rappellent certains modes de cristallisations qui, se groupant sur un axe au sein d'une solution saline, conti-
(4) Les cas de ce genre abondent dans la science, à ce point que je crois inutile d'en citer aucun comme exemple particulier.
(2) On a même prétendu que les vaisseaux servent en quelque sorte de conducteurs à la gomme pour l’introduire dans le parenchyme cérébral. D’après certains auteurs, la plupart des gommes intra-cérébrales ne seraient rien autre que des gommes péri-vasculaires, originairement développées au pourtour et aux dépens des ramuscules artériels.
Un fait intéressant, relaté par le Dr Gowers (The Lancet, 1877, p. 92) cemble particulièrement favorable à cette manière de voir. Dans ce fait, un syphilome originaire de la dure-mère avait envahi le cerveau par plusieurs prolongements qui pouvaient être suivis dans la substance même de la circonvolution correspondante. Or de l'extrémité de chacun de ces prolongements se détachait un vaisseau. Done l'invasion du cerveau s'était positivement faite par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins, et grâce à la continuité bien connue des gaînes péri-vasculaires avec la méninge profonde, c’est-à-dire avec la pie-mère,