PARALYSIES MOTRICES DROITES
Du reste, comme localisation et comme intensité, ces paralysies droites, compagnes de l’aphasie, sont sujettes à de nombreuses variétés. Ainsi :
1° Au point de vue de la localisation, d’abord, elles consistent tantôten une hémiplégie portant sur toute une moitié du corps ; — tantôt en une hémiplégie des membres, la face restant respectée; -— tantôt enfin en une monoplégie simple, affectant soit un membre, soit (bien plus rarement) une moitié du visage.
2° De même, au point de vue de l'intensité, elles peuvent se borner à un simple engourdissement, à une gène légère de mouvement dans les parties affectées (c'est là le cas habituel pour les aphasies transitoires 4 répétitions); — ou bien elles constituent, ce qui est encore assez fréquent, des parésies déjà plus accentuées ; — ou bien, enfin, affectant la motilité à un degré supérieur, elles consistent en des paralysies vraies, très-rarement complètes et flaccides cependant.
La relation, la connexion de ces paralysies droites avec l’aphasie devient des plus frappantes en certains cas, où l’on voit plusieurs crises aphasiques successives coincider. invariablement avec des accès d’hémiplégie droite. À chaque crise nouvelle d’aphasie, nouvel accès d'hémiplégie du côté droit. Tel fut un cas observé par le D' Buzzard, cas dans lequel un sujet syphilitique présenta — et cela en l’espace de deux mois — six accès d’aphasie qui, fous les sir, s’accompagnèrent de troubles parésiques vers le côté droit du corps (1). J’ai noté le même fait sur l’un de mes malades qui, dans le cours
(4) Ouvrage cité, p. 81.
d'une syphilis cérébrale, fut affecté quatre fois d’aphasie et quatre fois avec coïncidence de monoplégie ou d’hémiplégie droite.
Remarquez, Messieurs, cette localisation particulière des paralysies qui accompagnent fréquemment l’aphasie syphilitique; mais remarquez-la toutefois sans vous en étonner. Vous retrouvez là, en effet, ce qui se produit d’une façon courante dans l’aphasie vulgaire; et ce n'est rien vous apprendre que de vous signaler cette liaison bien connue, bien démontrée, des phénomènes aphasiques avec les paralysies droites. Cela est un fait de pathologie commune, un fait qui a des raisons anatomiques inutiles à rappeler ici. Qu'elle dérive ou non de la syphilis comme origine, l’aphasie est avant tout un symptôme {opographique, si je puis parler ainsi, c’est-àdire un symptôme qui traduit non pas la qualité, l’essence, mais bien le sége d’une lésion cérébrale, et rien de plus. En d'autres termes, on ne devient pas aphasique parce qu'on a dans le cerveau une lésion de telle ou telle nature; mais on devient aphasique parce qu'on a dans le cerveau une lésion d’un certain siége, offensant un centre particulier.
Toutefois, de la fréquence de cette association morbide, aphasie et paralysies droites, n'allez pas conclure à la constance, à l’invariabilité d’une telle coïncidence. Ce serait là une erreur ; ce serait même là une double erreur. D'une part, en effet, l’aphasie existe souvent seule, sans paralysie d'aucun siège, comme vous le savez déjà par ce qui précède; — et, d'autre part, elle coexiste parfois avec des paralysies autres que des paralysies droites. On l'a vue coïncider avec des localisa-